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Coxyde

Coxyde,
Liège, Éditions du Somnambule Équivoque, octobre 2006


En deux mots

Les cuistax, les gaufres de Zizi et de Siska, les villas centenaires, la digue, l’Horloge, le Musée Delvaux, le bouquiniste Peter Pan, le bateau amphibie, La Vigie,… Vous retrouverez l’univers de Coxyde à travers l’errance de Marie et de Clément qui se découvrent sur la côte un passé à la fois commun et différent. Un court-roman intimiste sous le signe de l’amour et du destin.
Bourse découverte du Centre national du livre (Paris) et prix d’aide à l’édition du Fonds national de la littérature (Bruxelles).

Quatrième de couverture

L’auteur.
De Marcinelle à Paris, de Mons à Coxyde, Rémi Bertrand traverse le quotidien en douce compagnie et«fait des livres»en posant sur le monde un regard faussement naïf.
À vingt-quatre ans, il a déjà publié un court-roman sur l’euthanasie (La Mandarine blanche), un divertissement sur les synonymes (Un bouquin n’est pas un livre) et un «petit voyage en Delermie» (Philippe Delerm et le minimalisme positif).

Le roman : une escapade à rebours.
Clément n’a qu’un rêve : fabriquer des livres.
Marie vient bousculer cette certitude ; à Clément de retrouver les traces, comme autant de preuves de sa vocation. Les amants se laissent dériver. Paris, Versailles… Enfin, la Mer du Nord qui réveille en eux des images, des sensations… Comment ont-ils pu ignorer ce passé commun ? S’étaient-ils déjà frôlés, en vacances, en enfance ?

Les personnages : Marie, Clément, Coxyde.
Il y a Clément (qui se destine à l’édition). Il y a Marie (qui veut savoir pourquoi). Entre les amoureux, Coxyde, que chacun connaît différemment. Le village côtier et ses cuistax, ses gaufres, ses villas aux tuiles orangées, le bateau amphibie, l’Horloge, La Vigie, Siska, le Musée Delvaux... Mais aussi, un étrange petit livre cartonné. Comme une réponse à leur amour.

Avant-goût sonore…

Cliquez sur l’oreille et écoutez la lecture d’un chapitre complet !

Autre avant-goût…

« La digue avait changé. Elle était presque déserte, nous marchions, il n’y avait pratiquement pas de vent, mais l’air était encore très froid, nous approchions d’avril, tout doucement, le ciel, pur. J’avais montré à Marie le premier appartement où j’avais passé plusieurs vacances de Pâques, à deux pas de chez elle, comment avions-nous pu bon sang. Nous avions rejoint la digue par le monument des Zouaves, j’avais tout de suite remarqué qu’elle avait changé, flanquée de tous ces petits rectangles sans charme, je cherchais vainement des yeux une trace de l’ancien revêtement : surmontées d’une multitude de ronds blancs en relief, les grandes dalles brunes hexagonales, les petites filles s’en servaient, cases toutes faites, pour jouer à la marelle, toi déjà ? – pour ma part, je m’imposais parfois, lors de nos promenades en famille, d’accorder mes pas à la succession des pièces de cet étrange sol en puzzle ; discrètement, marchant aux côtés de Marie, je tentai l’air de rien de retrouver le rythme. La mer, à droite, s’échouait au loin, calmement, la large plage nous séparait d’elle ; pas encore d’aimantation, une chose à la fois. Nous avons fait une première halte chez Zizi, le réconfort d’une gaufre de Liège, nous poursuivîmes en silence, nos bouches pleines de souvenirs réveillés, il n’y avait personne ou presque, en direction de Saint-Idesbald, de temps à autre, nous croisions une ombre furtive, nous respirions l’oxygène de la côte à pleins poumons, et puis, sur la gauche, bien rangés, roses, jaunes, bleus, verts, rouges, les cuistax immobiles, exposés malgré la saison, je me souvins de Marcel, par tradition il avait toujours eu notre exclusivité locative, nous en prîmes un pour deux heures.
Nous avons roulé vers l’intérieur des terres et, la Route Royale et sa ligne de tram traversées, nous nous sommes enfoncés dans le village, par ses avenues calmes où les arbres verdoyants surgissent d’accotements aux frontières imprécises, herbe mêlée au sable fin, nous croisions régulièrement une bicyclette nonchalante, presque jamais de voiture, et si oui au pas, happions au vol des bribes de mots flamands, contournions des enfants qui avaient installé leur univers de jeux sur l’asphalte, vîmes grandir peu à peu le dessin courbe de l’étrange église – on y prêche, précisai-je à Marie, en latin, quand j’étais petit en tout cas, et la seule fois où j’y ai vu la messe –, puis disparaître, et nous avons pédalé encore quelques minutes, ponctuées de temps à autre par un coup de volant taquin, j’avais les commandes, Marie détestait ça, et j’aurais pu déjà sentir à ce moment, par mes fantaisies de conducteur, que quelque chose revenait en moi, ou commençait à naître. Nous arrivions dans les marges, en bordure du village, mais rien pourtant ne semblait signifier – dans les chemins sur lesquels nous nous laissions couler, par le chant caoutchouté de nos pneus allié à celui de nos chaînes en manque d’huile, dans les villas qui se succédaient en déclinant chacune leur nom et semblaient toutes nous inviter à leur jeter un œil, et plus si possible, à se vouloir la plus belle et insidieusement à nous mener aux comparaisons, les coquettes – que nous allions franchir une limite et basculer dans Saint-Idesbald.
Ce fut pourtant ce qui arriva, malgré les apparences, et nous atteignîmes bientôt, guidés par nos souvenirs géographiques plus ou moins lointains, le porte-vélo métallique qui depuis des années, dans le parking privé face à la maison de Paul Delvaux, nous attendait – il, d’ailleurs, ne nous servit pas, puisque nous avions à l’improviste choisi un autre type de véhicule : du reste, depuis le début (sa foutue question), notre aventure s’était dessinée par un enchaînement d’imprévus, au point qu’à ce stade elle dut elle-même, par absence de lucidité, nous sembler complètement fausse. Nous entrâmes, tant pis pour les cadenas, dans le musée, pour une improbable rencontre, et je me souvins aussitôt, en le voyant, à droite après le portillon, du toit en tuiles noires plongeant jusqu’au ras de l’herbe du jardin qui se poursuivait sur la gauche du sentier où clapotait une fontaine et babillaient quelques personnes attablées dans un patio. La première salle, une fois passé un vestibule garni de peintures brunâtres dont il est difficile à croire que Delvaux fut l’auteur, nous infligea d’emblée l’univers lumineux du Maître, cortèges de filles blanches, yeux ronds, absentes, jetées au hasard d’une gare, d’un wagon, dans un clair-obscur beau et inquiétant ; en me collant près de l’une d’elles, au risque de contrarier la gardienne, je vis qu’elles n’étaient pas blanches, mais grises, légèrement.
Je me glissai dans une petite pièce annexe, dont les murs retraçaient en photographies la vie du peintre, du bébé de quelques mois, avec sa mère, en noir et blanc, dans une attendrissante élégance fin du dix-neuvième, jusqu’au vieil homme consacré, en passant – nous tournions lentement autour d’une amusante maquette de train sous vitre, placée au centre du local – par toutes les étapes qu’une vie à la fois commune et marginale impose, l’enfant, en habits du dimanche, avec son cerceau, fier, les photos de classe devant lesquelles je restai prostré plus longtemps, cherchant parmi tous ces jeunes gens aujourd’hui probablement sous terre celui qui allait briller si fort, quelques photos de famille, le roi – je m’attardai devant un cliché de Tam et Paul, pris à Anvers, en 1929, j’attendais peut-être une révélation dans l’intimité volée à ce couple en marche, dans la grisaille, les regards ignorant l’objectif, instantané de vie des amants, mais rien ne se produisit que le chuchotement de Marie, tu viens, à mon oreille, m’invitant à interrompre ma contemplation et à la suivre, bon tu viens oui ; nos pas silencieux, en fausse nonchalance, dissimulaient notre complicité, car nous savions tous deux, unis par l’enfance ravivée, que l’intérêt du musée se trouvait plus bas. Nous descendîmes au sous-sol.
Nous empruntâmes le long passage, sa curieuse obscurité, qui mène, par inclinaison du sol, au niveau inférieur, comme si nous arrivions, au sortir de cette descente glauque, dans un monde secret sans crier gare – ce plan incliné m’avait toujours paru en adéquation avec l’univers de Delvaux et, après tout, avec ma propre considération de la vie, tout en glissements de terrains, en dérives insidieuses, jusqu’à la vision globale qui permet tout. Ce fut d’abord l’analyse de quelques médailles et autres documents faits en haute sphère, qui avaient récompensé l’artiste. Puis, immédiatement, le squelette inévitable, derrière sa vitrine, les os bruns, je le scrutai un moment, tournai les talons, tu viens, et nous nous engageâmes – mais juste avant, sur la droite, avisant un tableau, je fus attiré par un personnage élancé, je fis deux pas pour y planter mes yeux, l’individu se tenait de profil, l’œil rond et énorme, penché sur une loupe brandie d’une main, étudiait un objet qu’il maintenait dans l’autre, je ne me souviens plus de l’objet, mais, trouvant étonnante la présence de ce savant, qui apparaissait à la fois comme figure secondaire et à la fois au premier plan, dans l’univers du peintre, je lus la courte description de la scène, ne m’en souviens pas en substance, et j’appris, Otto Lidenbrock, son nom –, et nous nous engageâmes, disais-je, dans le tunnel tapissé de vitrines, à peine éclairées, garnies de bric et de broc, tout le fatras du peintre, pièces miniatures, auxquels cet endroit du musée servait d’entrepôt, divertissement du visiteur, et parvînmes, enfin, à la grande salle. »


© Éditions du Somnambule Équivoque, 2006.
Cet extrait a également paru dans les revues Marginales (n°262, été 2006) et Reflets (n°6, septembre 2006).

Extraits de presse

«[...] de la poésie en prose ! [...]»
(Sandra Zidani, 50 degrés Nord [ARTE/RTBF], 8 janvier 2007).

«[...]Une belle histoire d'amour, marquée au coin de la liberté, et racontée avec talent et poésie. [...]»
(Le Rail, janvier 2007).

«[...]Du haut de sa soixantaine de pages [...] Coxyde vous contemple, à travers ses cuistax, les gaufres de Zizi, la villa Carpe Diem, le bateau amphibie, le bouquiniste Peter Pan et autres plaisirs minuscules mais combien mémorables.[...]»
(Marc Emile Baronheid, ELLE Belgique, janvier 2007).

«[...]le roman est raconté à deux voix, donc c'est tantôt Marie tantôt Clément; on ne sait pas toujours, au début de chaque chapitre, qui parle, et c'est ainsi que se crée, je trouve, un troisième personnage imaginaire qui serait la fusion des deux?[...]»
(Laurent Dehossay, Tête à tête [La Première/RTBF], 28 novembre 2006).
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«[...]les malentendus, les peurs, les incompréhensions au travers desquels deux vies tentent de se trouver des complicités [...]»
(Michel Torrekens, Le Ligueur, 22 novembre 2006).

«[...]le grand talent de Rémi Bertrand, c'est la justesse dans le décalage [...] Un roman extrêmement frais, qui se lit comme une gourmandise [...]»
(Laurent Dehossay, Mille-feuilles [télé, RTBF], 21 novembre 2006).
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«[...]nous sommes ici en présence d'un auteur, un vrai [...]»
(Joseph Bodson, Reflets, novembre-décembre 2006).

«[...] A 24 ans, il signe un doublé littéraire, une performance qui n'entame en rien sa modestie de jeune écrivain. Romancier et essayiste, le carolo Rémi Bertrand ne coud pas ses histoires de fil blanc.[...]»
(Catherine Bastin, La Nouvelle Gazette, 16 octobre 2006).

« Su-per-be petit roman ! [...]»
(Corinne Boulangier, Culture Club [La Première], 25 septembre 2006).
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« [...] Retrouvez l'univers de Coxyde à travers l'errance de Marie et de Clément qui se découvrent sur la côte un passé à la fois commun et différent. Un court-roman intimiste sous le signe de l'amour et du destin [...]»
(Julie Wauters, www.sambraisie.be, septembre 2006).