actualité
quatrième de couverture
mes livres
mes chansons
entre eux
table de chevet
dans les bacs
entre nous
liens
entre vous et moi

Le Gant et autres nouvelles... et autres nouvelles

Une aventure universitaire
et littéraire

par Catherine Moreau, dans Le Soir, 27 février 2002.

Devant le cadavre de son père, un homme voit remonter à la surface de sa mémoire une vieille histoire d’enfance. Un gardien de musée est « bêtement là, toujours assis comme si on l’avait installé à sa place une fois pour toutes » ; jusqu’au jour où deux rencontres vont bousculer le train-train… Voilà deux des créations d’un tout récent recueil de nouvelles d’étudiants.

L’écriture littéraire ne s’enseigne pas : voilà un préjugé qui a la vie dure. (…) Elle relèverait donc de la magie : un collège de muses déciderait, unilatéralement, des élus et leur enverrait, par voie postale secrète, la panoplie complète du parfait écrivain : dons, talents, techniques. Et vogue la galère, écrit Vincent Engel, écrivain et professeur de littérature à l’UCL, dans la préface de ce petit ouvrage.

Ce préjugé s’effiloche : l’année dernière, avec l’aide de quelques collègues convaincus, il a obtenu que l’on institue pour la première fois, en seconde candidature en langues et littératures romanes, un séminaire d’analyse et pratique de la création littéraire. Au départ de lectures de nouvelles, d’exercices sur les styles d’écriture, sur les clichés,… dix étudiants sont venus peu à peu à la création de petits textes, lus puis commentés par tous.

Cela m’a permis de me rendre compte de la complexité qui régit ce genre littéraire (la nouvelle) : elle nécessite l’élaboration d’un plan précis, d’un scénario cohérent, une parcimonie de mots pour brosser un portrait physique ou psychologique des personnages, explique la Stéphanoise Marie-Caroline Lefin, l’une des participantes à ce séminaire.

Il faut avoir cherché à en écrire un pour découvrir combien il est difficile de produire un texte, confirme Vincent Engel qui plaide pour la poursuite de cette expérience en licence. Pourquoi ne pas envisager, comme sujet de mémoire, la rédaction d’un roman doublée d’une analyse des difficultés rencontrées et des techniques mises en place ?

En outre, pour Marie-Caroline Lefin et deux autres étudiants, Rémi Bertrand et Caroline Ruelle, ce séminaire a débouché sur la publication, par l’association des romanistes de l’UCL, d’un recueil, Le Gant, trois nouvelles de styles et de sujets très différents. De cette aventure, ils ne sont pas sortis « indemnes ». Dès que j’aurai le temps, je recommencerai à écrire, de préférence un roman de pure fiction, confie Rémi Bertrand, qui projette de travailler dans le domaine de l’édition et confesse un premier roman écrit à 14 ans. Marie-Caroline Lefin, qui pratique le chant, souhaiterait collaborer, après ses études, à des revues littéraires et s’apprête à se lancer dans un mémoire consacré à l’écrivain-compositeur Gaston Compère. Je rêve de créer un texte qui ferait le lien entre l’écriture littéraire et l’écriture musicale, ajoute-t-elle. De montrer combien la musique répond au message de la poésie.