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La Mandarine blanche

PRESSE ÉCRITE

La Mandarine blanche

dans Le Rail, avril 2006.

La fée Mandarine : c’est ainsi que Jonathan appelle cette inconnue, cette incongrue qu’il rencontre alors qu’il n’a que six ans. Son père est en soins palliatifs et un docteur maladroit tente de lui expliquer ce que ces mots désignent. Plus tard, à l’âge adulte, Jonathan retrouve le chemin des soins palliatifs mais c’est pour y travailler sous les ordres d’un chef de service obèse. Puis un jour, c’est l’accident et Jonathan est du côté des alités…
La Mandarine blanche est le premier livre de fiction d’un jeune auteur belge, Rémi Bertrand. Avec cette histoire, il aborde le sujet grave et toujours controversé de l’euthanasie. Pourtant ce qu’il dit n’est pas triste et on chercherait en vain un quelconque pathos dans son propos. Sans doute est-ce dû à la construction elliptique de son récit et à la personnalité de son personnage que l’on a bien du mal à situer. Quoi qu’il en soit, ce premier livre augure un bel avenir littéraire à notre jeune compatriote.

Un écrivain carolo : Rémi Bertrand

par Chrysline, dans Passe-partout Charleroi,
mars 2006.

Nous avons rencontré un jeune écrivain Carolo à l’avenir très prometteur. Rémi Bertrand est né à Charleroi en 1982, il a passé son enfance à Marcinelle Hublinbu. Dès l’âge de 13 ans, il a été animé par l’envie d’écrire.
Il trouvait ça extraordinaire de pouvoir créer un univers simplement avec un stylo et du papier, et la matérialité des mots imprimés le fascinait déjà ! Dès cette époque, il a entrepris l’écriture d’un roman. Il nous en parle :« J’ai terminé ce premier livre, je l’ai mis sous enveloppe, prêt à être envoyé aux maisons d’édition, mais le colis est toujours dans mes tiroirs… Après ce premier épisode de«littérature », je me suis tourné vers l’écriture de chroniques sportives. J’ai grandi dans une famille de cyclos, chaque semaine, nous organisions une sortie vélo à travers la région carolo-namuroise. Je relatais les faits de course dans un magazine familial que j’avais créé de toutes pièces… Sans m’en rendre compte, j’exerçais déjà ma plume… En 1999, j’ai entamé mes études de philologie romane à l’Université catholique de Louvain. Je savais que je ne voulais pas être prof, mais je savais aussi que les romanes étaient les études qui me correspondaient le mieux et que, une fois le diplôme en poche, je trouverais bien quelque chose à faire…
En 2001, au cours de ma deuxième candidature, j’ai participé à un – tout nouveau – séminaire en création littéraire animé par l’écrivain Vincent Engel. Cette expérience a vraiment changé mon rapport à l’écriture et, à la fin de l’année, celle-ci a abouti à la publication d’un recueil de trois nouvelles, intitulé«Le Gant et autres nouvelles ». Mes études avançaient et j’ai choisi de consacrer mon mémoire à l’œuvre de Philippe Delerm, l’auteur de la fameuse Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules.
Début 2004, à tout hasard, je l’ai envoyé aux éditions du Rocher : quelques jours plus tard, c’est… Philippe Delerm en personne qui m’a appelé ! Il voulait le faire publier car il trouvait mon analyse originale, audacieuse, et novatrice par rapport à tout ce qu’il avait déjà pu lire à son sujet. Mon mémoire est alors devenu un essai : Philippe Delerm et le minimalisme positif, paru au Rocher en janvier 2005. Je suis parti un an à Paris pour effectuer mes stages, aux éditions Mille et une nuits (Fayard) et aux éditions Gallimard. J’ai profité de la parution de mon mémoire pour proposer un texte de fiction au Rocher : c’était La Question chommique, qui faisait d’ailleurs partie de mon recueil écrit en 2002… Aujourd’hui, c’est devenu La Mandarine blanche, et c’est sorti fin octobre 2005. J’y aborde l’«euthanavie»d’une façon un peu poétique, grâce à un univers fantastique où un jeune garçon croise, dans les couloirs et l’ascenseur d’un hôpital, des personnages étranges, Bolide, Bipbip, la fée Mandarine,… C’est une bulle d’oxygène que le lecteur traverse en une petite heure. L’ensemble est conçu comme un«court-roman », sorte de court-métrage littéraire… »

La Mandarine blanche

par Thierry Detienne, dans Imagine demain le monde, janvier-février 2006.

Un enfant découvre le monde blanc de l’hôpital, les vérités à demi-mot, les odeurs étranges, les ruses que les grands déploient pour apprivoiser la douleur. Entraîné à son tour dans la maladie, il appelle une fin douce au secours de la souffrance. Un texte poétique et subtil autour de la mort, sans tabou ni pathos. (Editions du Rocher, 2005, 74p.).

Rémi Bertrand, jeune romancier

par Eric Cornu, dans La Nouvelle Gazette,
La Province, etc., 11 janvier 2006

Carolo d’origine Montois d’adoption
Son roman«La Mandarine Blanche»traite de l’euthanasie. Rémi dévoile sa passion pour l’écriture, pour lui, pour les autres, sa passion pour la langue française qu’il voit se liquéfier dans la génération sms… Rémi a 23 ans, il est Carolo mais, depuis peu, il habite Mons.
E.C. – Votre parcours ?
R.B. – Philologie romane à l’UCL, terminée en 2003, puis formation complémentaire en édition, ce qui m’a amené à faire des stages à Paris, chez Gallimard entre autres. Un de mes professeurs avait mis sur pied un séminaire en création littéraire. Nous étions une dizaine à le suivre et nous avons abouti à la publication de trois nouvelles. J’ai écrit mon mémoire sur Philippe Delerm. Je lui ai envoyé. Il m’a appelé… J’ai été publié aux éditions du Rocher sous le titre«Philippe Delerm et le minimalisme positif ».
E.C. – Votre carrière de prof…
R.B. – Il y a beaucoup de profs dans ma famille mais je n’ai jamais vraiment été attiré par ce métier. Honnêtement, j’ai plutôt envie de fonder ma propre maison d’édition. Je sais que je devrai être patient… J’aime également le journalisme culturel, mais là, c’est une question d’opportunité. Je collabore actuellement bénévolement dans une maison d’édition montoise,«Autrement Dit ».
E.C. – Votre passion pour l’écriture vous vient d’où ?
R.B. – A douze ou treize ans, je voyais déjà l’écriture dans mon horizon. J’ai même écrit quelques petites choses à l’époque. J’ai évolué avec mes études. Je continue évidemment avec de nouveaux projets. Je travaille à un nouveau roman dont le décor sera Mons, Paris et Coxyde. C’est une réflexion sur l’existence ou non d’un destin.
E.C. – Comment écrivez-vous ?
R.B. – Tout dépend du sujet. Si je prends mon dernier ouvrage, je suis parti de deux mots, qui devaient en principe être le titre…«Question chommique », un néologisme qui fait penser à homme et à chimique. Je partais de l’idée de l’utilisation des substances chimiques dans le bien être humain, les dérives aussi dont celle de l’acharnement thérapeutique. Le titre a changé en fin de compte et est devenu la«Mandarine Blanche ». Un roman sur l’euthanasie. Mais je n’ai pas voulu réagir volontairement à une actualité. J’ai écrit le livre en août 2002. L’affaire Vincent Humbert n’avait pas encore éclaté en France…
E.C. – D’autres centres d’intérêt ?
R.B. – Oui la musique. J’ai fait dix ans de piano. J’écris quelques chansons… J’aime Mons aussi. Je suis natif de Charleroi mais je n’ai jamais vraiment été attiré par la ville. Ici, par contre, j’éprouve un réel plaisir à me promener dans les rues. Mons est une ville avec une histoire. [Je n’ai évidemment pas parlé de Charleroi et de Mons de façon aussi radicale ! Je suis très attaché à ma région : cependant, je préfère de loin la campagne carolo à la ville même…]
E.C. – Jeune prof de français, jeune romancier… à l’heure du sms… [Je ne suis ni professeur – je suis romaniste mais je n’enseigne pas, à l’heure actuelle – ni romancier – j’écris des courtes fictions sans être doué pour la forme romanesque]
R.B. – Je ne suis pas d’accord pour dire que les jeunes ne savent pas écrire, ne lisent pas. Je ne lisais moi-même que les livres obligatoires avant d’entrer à l’univ. Ceci dit, on utilise la langue française avec des moyens de communication qui font croire aux jeunes que la langue n’est plus importante. Le sms sert à communiquer, sans plus. J’envoie moi aussi des sms… Le problème c’est que beaucoup croient que la langue française se limite à ça. Pour savoir ce qu’est le français, le livre est le seul moyen.

La Mandarine blanche

par Jacques Mercier, dans La Libre Belgique, rubrique « Monsieur Dico », 5 janvier 2006.

« La Mandarine blanche » (Le Rocher) est le titre d’un court roman, parmi les plus originaux qu’il me soit donné de lire ces temps-ci ! Son auteur, Rémi Bertrand, est un jeune carolorégien, ayant écrit par ailleurs un essai sur l’œuvre de Philippe Delerm. Le sujet de « La Mandarine blanche » est l’ « euthanavie » et l’on rencontre autant les médecins, Robert le toubib, que les fées ou Lara Croft. Le langage est joyeusement à la fête ! Le langage est aussi analysé comme incompréhensible quand les adultes se réfugient dans leur monde. « Alors, il s’est réfugié derrière les mots », lit-on. « Ceux que je ne comprenais pas, que je ne pouvais pas comprendre. Les mots ne sont pas à tout le monde, contrairement à ce que l’on croit parfois : ils n’appartiennent qu’aux grandes personnes. Les enfants n’en ont pas besoin pour préserver la vérité ; ils ne mentent jamais : la vie leur suffit. » Rémi Bertrand s’explique sur le titre et donc sur son appréhension des mots : « Cette courte fiction sur l’ "euthanavie" me fut inspirée, à l’été 2002, par ce titre originel. "La Question chommique". J’y voyais plusieurs choses : l’emprise des substances chimiques sur l’homme (homme + chimique = chommique), l’humour d’une narration distanciée ("comique"), un débat éthique (la question),… En quelques jours, je ficelai la fiction à partir de ces ingrédients très basiques ». Profitons-en pour vous rappeler que le mot « mandarine » apparaît au XVIIIè siècle chez Bernardin de Saint-Pierre, en provenance du mot espagnol « naranja », mandarine, signifiant l’orange des mandarins. Celui-ci était le haut fonctionnaire civil ou militaire de l’empire chinois.

Une histoire qui finit bien

dans Vlan/Jeudi-Soir, 4 janvier 2006, région de Mons.

Le jeune auteur Rémi Bertrand vient de sortir son premier roman « La Mandarine blanche » aux éditions du Rocher. Une fiction qui aborde avec un œil détaché et sensible le drame de l’euthanasie. Le livre a été écrit au cours de l’été 2002. Mais le sujet devait être tout autre : je voulais écrire un texte qui mettrait en évidence la relation entre l’utilisation de la chimie et l’amélioration du bien-être. La seule certitude que j’avais, c’était le titre : « la [question] chommique », qui a ensuite été revu. Et du thème de la dépression, je suis passé à la situation la plus extrême : l’euthanasie.

L’originalité du roman ? Le ton est léger. Je n’ai pas voulu aborder ce thème de façon sombre et négative. S’il y a une morale, elle est positive. J’ai aussi essayé de l’aborder sous un nouvel angle en croisant deux espaces temporels différents : le lecteur fait connaissance avec un narrateur de 30 ans victime d’un accident de travail, immobilisé et attendant la mort sur un lit d’hôpital, qui se replonge dans son passé et se souvient du jeune garçon qu’il était et qui visitait son père mourant. Le résultat ne manque pas de rythme. Plusieurs personnes m’ont avoué avoir lu mon roman avec facilité et plaisir. Le thème pouvait paraître repoussant et pourtant il est plaisant et léger.

Né à Charleroi en 1982, Rémi Bertrand a suivi des études romanes à l’Université Catholique de Louvain. Pendant mes études, j’ai participé à un séminaire de création littéraire. Il s’agissait d’une expérience unique qui a abouti à la publication de trois textes dont le mien. Vu le succès, l’opération est devenue un cours à part entière. Je pense que c’est cet épisode qui m’a donné l’envie d’écrire. Ses auteurs préférés : Philippe Delerm – à qui il a consacré un essai – et Romain Gary. Sa ville de cœur : Mons. Je suis carolo, j’ai étudié à Louvain, j’ai effectué un stage à Paris et j’habite et je travaille à Mons depuis cet automne. C’est une ville que je connais bien : j’y venais fréquemment lors de mes études.

Employé à la maison d’édition montoise « Autrement Dit », l’écrivain ambitionne de sortir un autre livre. Le format et la structure ne changeront pas. Il a déjà trouvé un thème : a-t-on une destinée ? Les thèmes dont je parle font peur. Ils n’attirent pas forcément. Mais je parviens au final à en sortir quelque chose de positif. Mon vœu : que mes livres ne soient pas rébarbatifs à lire.

(sans titre)

dans METRO, rubrique «Kiss & Ride»,
17 novembre 2005.

Ce mardi 15 novembre, dans le train Mons-Charleroi de 17h28, tu as fait irruption dans ma vie. Je lisais « La Mandarine blanche », court roman où l’odeur du fruit sert de fil conducteur… et puis, tu es montée à La Louvière et tu t’es assise en face de moi. Je croyais pouvoir cacher mon trouble… Jusqu’au moment où tu as sorti de ton sac une… mandarine ! Alors, l’odeur du fruit que tu épluchais m’a fait relever la tête et tu m’as souri… Chère fée Mandarine échappée de mon roman, je t’en prie, écris-moi à l’adresse indiquée ci-dessous. bonjourderic@yahoo.fr

Jeune artiste à découvrir

dans Keskispas magazine, n°4, du 16/11 au 1/12/2005, région de Mons.

Né à Charleroi mais montois d’adoption, Rémi Bertrand est un jeune artiste aux talents multiples. Essayiste, il a consacré une étude remarquée à l’écrivain Philippe Delerm. Créateur, il vient de signer sa première fiction, intitulée « La Mandarine blanche ». Soit 74 pages pour évoquer un sujet froid mais d’une brûlante actualité : l’euthanasie. Avec l’œil faussement naïf d’un enfant qui s’invente des fées dans un monde où ce sont les adultes qui veulent nous faire marcher à la baguette. A découvrir, pour apprendre à vivre.

La Mandarine blanche

par Joseph Bodson, dans Reflets Wallonie-Bruxelles, n°2, novembre-décembre 2005.

Un court roman. De brèves notations, assez obscures, du moins au début, avant que…Une allégorie qui prend des airs de science-fiction. Un conte de fées qui aurait mal tourné, où le Petit Poucet se retrouverait aux soins palliatifs. Obscur, je vous l’ai dit…Avec cet ascenseur qui ne cesse de monter et descendre, se perdant entre les âges et les étages. Ce héros dont l’âge oscille, entre 3 mois, 3 ans, 30 ans…Demandeur d’emploi ou demandeur de tendresse ? Attardé mental, avec un handicap léger, ou bien trois longueurs d’avance sur notre courte vue, sur notre courte vie ? Je vous le laisse à décider, entre la fée Mandarine, le père accidenté, la mère présente/absente et le bip-bip des docteurs et des savants…Mais il faut se laisser prendre par cette déchirante tendresse, par ce style sans fioritures, qui colle au personnage comme une seconde peau : Papa avait trente-six ans quand on l’a conduit chez les fées. Ce n’est que deux années plus tard qu’elles ont décidé d’arrêter. Quand je pense à ces mois de souffrances inutiles, je me demande si l’Homme n’est pas une invention de mon esprit, moi qui ne peux plus rien voir ni entendre, moi qui ne peux plus que sentir ce parfum étrange, moi qui vais bientôt mourir. Bien sûr, je ne trouve pas de réponse à mon interrogation : mon imagination n’est pas à un tour près. Une certitude cependant me taraude l’âme : disparu sans mourir vraiment, papa n’aura jamais été un homme. L’épuisement l’a emporté avant l’âge. Voilà la vie : on s’agite en vain, on finit tous en bière. Il n’y a que la date qui change. Et la façon de s’en aller.

RADIO

VivaCité Charleroi (RTBF)

interview réalisée par Daniel Barbieux pour l’émission «Hainaut Matin» (en direct),
14 décembre 2005.

EN ECOUTE ICI

DANIEL BARBIEUX – Alors, une belle œuvre aussi, c’est ce dont on va parler maintenant. Je le dis parce que c’est totalement subjectif bien sûr, mais c’est un livre que je ne peux que vous conseiller de lire si vous aimez une écriture particulière, parce que pas habituelle, c’est celle de Rémi Bertrand, avec ce roman qui est paru aux éditions du Rocher, « La Mandarine blanche ». Alors, moi j’ai découvert un peu ça par mon collègue, Steve Delaunoy, qui m’avait suggéré et puis j’ai appris que cet auteur était carolorégien, voilà, la région de Charleroi et c’est pour ça que je suis d’autant plus content de le recevoir ici à ce micro en direct à 8h46 : Rémi Bertrand, bonjour.
REMI BERTRAND – Bonjour.
D.B. – Alors, effectivement carolo bon teint comme on dit ?
R.B. – Tout à fait, pure souche.
D.B. – Né dans la région, c’est ça ?
R.B. – A Charleroi même, 22 ans de vie à Charleroi et depuis deux mois je vis à Mons, mais je suis toujours attaché à Charleroi et à sa région.
D.B. – D’accord. Alors, « La Mandarine blanche », c’est ce premier roman, un roman qui, tout de suite il le faut le dire, n’est pas très épais.
R.B. – Disons que ce n’est pas un roman…
D.B. – Mais on le présente comme ça ? Je l’ai lu en tout cas sur euh…
R.B. – On le présente comme ça, mais moi je ne le présente pas comme ça. D’ailleurs, il n’est indiqué ni sur la couverture ni dans les premières pages du livre.
D.B. – C’est juste.
R.B. – Il n’y a aucune mention de classification de genre…
D.B. – Pourquoi ? Vous n’aimez pas ça, j’imagine ?
R.B. – Non, parce que c’est un texte qui n’est ni une nouvelle, ni un récit – enfin si, c’est un récit, mais sans pouvoir le classer. Inclassable.
D.B. – Totalement inclassable, d’ailleurs c’est ce que j’ai aimé en parcourant ce livre, je vais dire « livre » moi [rires]…
R.B. – C’est un livre, c’est sûr !
D.B. – Alors, vous me le dédicacez fort gentiment comme « puzzle fruité » et c’est vrai que c’est ça.
R.B. – Oui, donc, pourquoi puzzle, parce que…
D.B. – Attention, il ne faut pas raconter l’histoire.
R.B. – Non, je ne raconte pas l’histoire mais…
D.B. – De toute façon, je ne sais pas si on y arriverait d’ailleurs. Il faut la lire.
R.B. – L’histoire, non, c’est inutile de… Bon, ce sont un peu des personnages fantastiques, un peu caricaturés mais dans le sens non pas péjoratif… Donc on a par exemple un balais qui s’appelle Bolide, on a un docteur qui s’appelle Bipbip, on a une infirmière qui s’appelle…et je ne le dirai pas.
D.B. – Voilà.
R.B. – Et… le puzzle, donc c’est la construction du texte qui évolue par chapitres très brefs de trois ou quatre pages et qui ne se suivent pas vraiment dans un ordre chronologique.
D.B. – J’ai essayé, je me suis dit il doit y avoir une chronologie en les remettant dans l’ordre, le 1 doit venir après le 4… et puis non je n’y suis pas arrivé voilà.
R.B. – Mais c’est possible….
D.B. – [rires partagés] Ah ! bon donc tout n’est pas perdu. Il faudra que je continue, que je persévère.
R.B. – Voilà [rires partagés].
D.B. – Et donc, effectivement, c’est une histoire qui se tient quand même parce que bon moi j’ai réussi à tout comprendre déjà, parce que je ne suis pas un lecteur terriblement assidu d’habitude, et puis là je l’ai lu très vite, je l’ai dévoré, donc je pense que c’est bon signe… Et c’est une histoire, quand même on peut le dire, qui tourne autour de l’euthanasie ?
R.B. – Qui tourne autour de l’euthanasie sans que l’euthanasie soit vraiment le sujet central du livre. Disons que ce n’est pas un nouvel essai sur l’euthanasie, sur l’état de la question actuel.
D.B. – Alors, il y a des phrases… Vous permettez de vous lire là, parce qu’il y a quand même un extrait que j’ai beaucoup aimé. C’est cette petite ligne qui en dit long. Vous écrivez : « Les mots ne sont pas à tout le monde, contrairement à ce que l’on croit parfois : ils n’appartiennent qu’aux grandes personnes. Les enfants n’en ont pas besoin pour préserver la vérité ; ils ne mentent jamais : la vie leur suffit. »
R.B. – C’est vrai que c’est une phrase assez bien choisie parce qu’elle illustre un peu un aspect du texte sur lequel j’ai beaucoup travaillé, qui est l’aspect du langage et du jeu, le jeu avec les mots. Donc il y a plusieurs « jeux de mots » entre guillemets, comme l’euthanasie qui devient l’ « euthanavie »… Mais c’est vrai que, le narrateur étant un enfant, l’euthanasie et tous les problèmes qui se rattachent à la fin de vie dans les hôpitaux est vue à travers le regard d’un très jeune enfant et… en quoi le langage est-il important par rapport à ça… qu’allais-je dire ?
D.B. – Pourquoi le langage est-il important par rapport à ça, justement par rapport à cette phrase…
R.B. – Parce que voilà… Souvent les problèmes autour d’un débat concernent les termes employés, et c’est un peu pour ça que j’ai joué avec les mots, avec la langue.
D.B. – Alors, vous étiez l’auteur, jusqu’ici, d’un essai sur l’œuvre de Philippe Delerm, « Philippe Delerm et le minimalisme positif ». C’est un autre exercice.
R.B. – C’est tout à fait différent. C’est en fait mon mémoire de licence qui a été un peu retravaillé puis publié. Donc ça n’a pas été écrit pour être publié, ni la « Mandarine » d’ailleurs mais à l’origine disons que mon mémoire, je ne pensais pas du tout du tout le voir en librairie.
D.B. – « La Mandarine blanche », c’est aux éditions Le Rocher, une maison d’édition monégasque (d’où le Rocher) ?
R.B. – Pseudo-monégasque, c’est-à-dire qu’ils sont installés en plein cœur de Paris sur la place Saint-Sulpice, mais ils ont leur siège social à Monaco.
D.B. – D’accord. Et puis vous avez envoyé donc votre manuscrit là-bas ou comment ça s’est fait ?
R.B. – C’est mon mémoire qui a d’abord été publié en janvier, via Philippe Delerm auquel j’avais envoyé le texte, pour avis on va dire, et qui m’a proposé, donc après l’avoir lu, de le publier. J’en ai profité pour lui dire que par ailleurs j’écrivais de la fiction. J’ai envoyé le texte aux éditions du Rocher, donc sans passer par Philippe Delerm et il a été accepté, ce qui est une très bonne chose…
D.B. – Rémi Bertrand, c’est votre nom, on ne l’a peut-être pas dit assez. « La Mandarine blanche ». Donc, écrivain, et puis aussi chanteur-auteur-compositeur, c’est quoi, c’est une autre passion ?
R.B. – Oui, depuis tout petit, je baigne un peu dans une famille où tout le monde joue un peu de la musique à gauche à droite…
D.B. – On n’est jamais artiste que d’une seule main, comme on dit généralement, on a plusieurs talents.
R.B. – Par exemple, j’ai un frère qui joue dans le groupe carolo T.L.S.S. qui a joué au Palais des Beaux-Arts en juin…
D.B. – Ah oui, Tous Les Samedis Soirs !
R.B. – Voilà, Tous Les Samedis Soirs [rires]
D.B. – C’est très festif ça !
R.B. – Alors voilà, moi ce que je fais, c’est complètement dans un autre genre. Enfin, quand j’enregistre mes chansons, c’est aussi avec quelqu’un des T.L.S.S. donc je suis un peu lié à eux tout en faisant tout à fait autre chose, puisque je suis plutôt dans la lignée de la scène actuelle comme, les noms les plus connus, Delerm, Bénabar, etc.
D.B. – Alors, vous m’avez remis, en même temps que le livre, je dirais presque sous le manteau puisque c’était dans une rue de Mons [rires], vous m’avez remis un CD-R, un CD enregistrable sur lequel vous avez gravé quelques-unes de ces chansons. Vous me permettez d’en passer l’extrait d’une ?
R.B. – Avec plaisir !
D.B. – Alors j’ai choisi comme ça une qui… Beh, écoutez, après tout, je vous la livre, telle qu’elle est.

[Extrait de ma chanson « Avec des radis, s.v.p. ! »]

D.B. – Alors voilà, c’est un extrait donc de ce CD-R où il y a quelques chansons quand même. C’est un style particulier.
R.B. – Piano-voix et un peu d’instrumentalisation derrière. C’est fait avec les moyens du bord…
D.B. – Si vous voulez, on va s’interrompre juste quelques secondes pour la fée Pub hein, et puis juste après on se retrouve, Rémi Bertrand.

[publicité suivie d’une chanson de Nolwen Leroy]

D.B. – C’est Nolwen Leroy qu’on écoutait là, avec « Nolwen Oh ». Et puis, Rémi Bertrand, on se retrouve donc pour parler donc de ce livre, « La Mandarine blanche ». C’est paru aux éditions du Rocher. On a écouté donc un extrait d’une de vos chansons. Votre but, c’est de sortir un disque un jour ?
R.B. – Si on me le propose, je ne dirai pas non !
D.B. – Vous avez démarché déjà ?
R.B. – Oui, un peu quand même mais je ne me produis pas beaucoup sur scène, même pratiquement pas puisque il faut un peu choisir entre l’écriture fictionnelle et consacrer du temps à la musique. L’un et l’autre prennent énormément de temps donc… Pour l’instant, je suis dans l’écriture fictionnelle, plus du tout dans la musique depuis quelques mois.
D.B. – Ça veut dire que vous nous préparez d’autres fictions, d’autres livres ?
R.B. – Je les écris, et j’espère que ça pourra être publié un jour…
D.B. – Sans mauvais jeu de mot, s’ils sont dans la veine de celui-là, « La Mandarine blanche », c’est pas mal du tout !
R.B. – Voilà. Il faudra que je choisisse un autre fruit et une autre couleur…
D.B. – « La Mandarine blanche », aux éditions du Rocher, Rémi Bertrand. Alors bon, on peut le trouver dans toute bonne librairie, j’imagine, et puis on peut aussi consulter votre site Internet.
R.B. – Oui.
D.B. – Dont l’adresse est ? [rires]
R.B. – Dont l’adresse est trois fois w, point, remibertrand en un mot sans majuscule, sans accent, point, be, point, tf.
D.B. – C’est tout simple. Trois fois w, point, remibertrand sans majuscule et sans accent, point, be, point, tf. Merci beaucoup Rémi Bertrand.
R.B. – Merci à vous.
D.B. – Bonne journée à vous. Bonne journée à vous aussi qui nous écoutez. À demain, six heures.

Antipode

par Denis Leduc, dans l’émission «A vous livre»,
21 novembre 2005.

Rémi Bertrand, jeune auteur né à Charleroi en 1982 est un petit peu un gars de Louvain-la-Neuve puisqu’il est aussi collaborateur du professeur romancier Vincent Engel à l’UCL. Spécialiste de Philippe Delerm, il nous offre ici sa première fiction.
Un livre bref, une soixantaine de pages, pour un sujet étonnamment long et complexe qu’il nomme l’euthanavie.
Une écriture très dense, heurtée et à tiroirs mais qui emporte tant dans ses méandres imaginatifs [et] émotifs que dans sa complexité. C’est l’histoire d’un enfant qui pour supporter, encaisser, apprivoiser, la tombée dans un état végétatif de son père a recours à la présence d’une fée qu’il va nommer la fée Mandarine.
Que cette idée lui ait en quelque sorte été soufflée à l’hôpital aura une grande importance, constitutive, pour toute sa vie future.
Adulte il finira par travailler dans ce même hôpital et sera au travers de toutes ses déconvenues à la recherche du souvenir de l’odeur et de la couleur de cette fée.
Mais un jour les filins de l’ascenseur cèdent…

Nostalgie

interview réalisée par Brice Depasse en novembre 2005 pour l’émission «Nostalgie loisirs» :

« C’est un thème assez sombre. […] Mais c’est d’autant plus dur qu’il y a une référence poignante à l’enfance et particulièrement à la fin. Alors, qu’est-ce que vous avez cherché : à nous faire pleurer ? […] »

ECOUTER l’interview complète sur le blog de Lire est un plaisir

SUR INTERNET

La présentation du roman sur le site de l’éditeur...

« […] Délicate, légère, poétique et drôle, l’écriture de Rémi Bertrand joue, entre vie et mort, avec des questions cruciales. Cela donne un texte qu’on lit et relit, parfumé à la mandarine, plein de vie souriante entre deux morts qui ne laissent pas le temps de pleurer […] »
Lire l’article complet en cliquant sur le lien

« […] Au début, j'ai été un peu perturbé par la construction originale de cet ouvrage, conçu comme un puzzle en trois histoires répondant chacune à trois périodes de la vie du narrateur (l'enfance, l'âge adulte et la mort). Au fil des pages, j'ai cependant mieux compris les intentions de Rémi Bertrand. Je conseille d'ailleurs une deuxième lecture du livre qui fait apparaître avec évidence l'agencement du texte et fait mieux comprendre […] »
Lire l’article complet en cliquant sur le lien

« Rémi Bertrand [...] fait des débuts prometteurs dans le domaine de la fiction, avec ce livre qui se situe entre roman, conte et fable. [...] L’ensemble, dans le décor parfumé construit autour d’une«fée mandarine»et selon une construction élaborée, forme un beau récit dont les fils, comme ceux de la vie, se dénouent peu à peu.»
Lire l’article complet en cliquant sur le lien

« Jeune auteur carolo, comme il aime à se présenter, Rémi Bertrand, à 23 ans, a déjà publié deux livres aux éditions parisiennes Le Rocher. Auteur à suivre. […] »
Lire l’interview complète en cliquant sur le lien

«Il fut un temps, pas si lointain, où les romans étaient prépubliés, dans la presse par exemple, et avaient déjà accompli une ou plusieurs vies avant d’exister sous la forme d’un livre. Entre les versions antérieures et la«vraie»publication, les remaniements du texte étaient monnaie courante. De nos jours, la plupart des fictions deviennent des livres dès leur naissance. Pour certains fruits cependant, une brève enquête archéologique se révèle salutaire. RECETTE : […]»
Lire le texte complet en cliquant sur le lien

Et aussi…

- Sud Radio, par Maryline Torres-Leleu (« coup de cœur », semaine du 1er novembre 2005)
- La Savate, par Stéphane Baele (novembre 2005)
- Le Carnet et les instants (décembre 2005)
- Mons magazine (décembre 2005)
-«Place aux Livres»sur LCI,«coup de cœur de Patrick Poivre d’Arvor (17 décembre 2005)
- Keskispas magazine, interview réalisée par Eric Cornu (janvier 2006)
- VivaCité Mons, interview réalisée par Stéphane Pollart (24 janvier 2006)
- Wight Night Magazine (mars-avril 2006)
- Le Carnet et les instants, par Jack Keguenne (juin 2006)