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Un bouquin n’est pas un livre

PRESSE ÉCRITE

Des bons et des mauvais usages
de la langue

par Daniel Arnaut, dans Le Carnet et les instants, février-mars 2007.

Longtemps la langue, son évolution, ses dérives, ses pièges et ses séductions ont été la chasse gardée des linguistes. Il suffit de parcourir les étals des librairies pour constater que cette préoccupation est aujourd’hui très largement partagée. Rien d’étonnant, dès lors, qu’elle fasse l’objet de publications destinées à un vaste public. Deux collections récentes viennent en témoigner: l’une, «Autour des mots», est dirigée par Jacques Mercier chez Racine; l’autre, «Le goût des mots», est publiée aux éditions du Seuil/Points sous la houlette de Philippe Delerm.
Parmi les titres parus dans cette dernière figure un livre dû à la plume d’un jeune auteur belge, Rémi Bertrand, sur «les nuances des synonymes», et que résume éloquemment son titre: Un bouquin n’est pas un livre. Pourquoi, dira-t-on, un ouvrage de plus sur les synonymes, alors qu’il existe pour cela des dictionnaires, dont certains disponibles gratuitement sur Internet? C’est que sa démarche est exactement à l’inverse de celle des dictionnaires : là où ceux-ci se préoccupent de ce que les mots ont en commun, laissant à l’utilisateur le soin de faire son choix parmi la liste des équivalents proposés, l’attention de Rémi Bertrand se porte au contraire sur ce qui subtilement les différencie. On trouve dans son livre, présentés sous la forme d’un lexique, une bonne trentaine de ces couples de mots qui ne se ressemblent qu’en apparence: «angoissé» et «anxieux», «cigarette» et «clope», «oculiste» et «ophtalmologue», «pomme de terre» et «patate», «travail» et «emploi», pour n’en citer que quelques-uns. Si pour certains les différences sautent aux yeux («ennui» et «paresse», par exemple, ne sont pas à proprement parler des synonymes), pour d’autres les nuances paraissent au premier abord tellement ténues qu’on se demande comment l’auteur va pouvoir les distinguer (ainsi pour «équivoque» et «ambigu»). Mais on peut lui faire confiance: s’aidant des ressources des dictionnaires, du recours à l’étymologie et de sa sensibilité d’écrivain, Rémi Bertrand relève le défi avec succès, en des développements brillants dont la rigueur n’exclut pas l’humour, et où le philologue se fait parfois sociologue ou philosophe, sans tomber pour autant dans l’érudition pesante ou dans la cuistrerie moralisatrice. En veut-on un exemple? Soit le couple (c’est le cas de le dire) femme et épouse: «L’épouse est fidèle – on dit d’elle: C’est une bonne épouse ; c’est toujours la femme qui est volage. Le cocu s’écrie: Ma femme me trompe ! C’est pourtant…l’épouse qui a juré fidélité. La femme défait ce que l’épouse a fait. La femme prend un amant; l’épouse, un avocat.» Certes, l’auteur est parfois amené, pour les besoins de sa démonstration, à exercer sur ses chers mots une douce violence; à l’inverse il lui arrive de reconnaître, beau joueur, que finalement les choses ne sont pas si claires que ça…Mais ce ne sont là que péchés véniels, en regard des vertus dont ces pages regorgent, et qui vaudront sans nul doute à Rémi Bertrand une place de choix au paradis des amoureux du langage.
La sociologie amusante, telle est aussi la discipline pratiquée par Gilles Dal, habitué du «Jeu des dictionnaires» sur la RTBF, mais également historien et auteur de plusieurs ouvrages, dont un essai sur la télévision. Son Petit répertoire de lieux communs s’inscrit dans une tradition où se sont illustrés pas mal d’écrivains et d’humoristes, à commencer par leur ancêtre à tous, le Flaubert du Dictionnaire des idées reçues. A la différence de Rémi Bertrand, l’acuité de son regard s’exerce moins sur les mots eux-mêmes, que sur les situations qui les transforment en clichés ou en stéréotypes (pour en savoir plus sur cette distinction, voir le livre précédent). Gilles Dal les traque dans les circonstances et chez les acteurs de la vie quotidienne, tant dans la sphère privée que dans l’espace public: dans les soirées entre amis, dans les conversations sur téléphone portable, dans les déclarations des hommes politiques ou la prose des journalistes, et surtout dans les magasins de diététique, restaurants et autres snacks, qui fournissent à sa verve un aliment inépuisable. On rit volontiers à l’évocation du client d'une boulangerie qui, venu acheter un pain «normal», se voit proposer tellement de variétés «améliorées» qu’il ne sait plus où donner de la tête. Ou à celle du quidam en quête d’un ordinateur, aussitôt assailli par un déferlement de demandes techniques, et qui s’en tire par une pirouette: «Des mégabits? Mettez-m’en 30 000. Et des pixels? .. oh, une petite dizaine, ce sera bien. J’ai déjà pris pas mal de mégabits, alors je vais être raisonnable sur les pixels.» Mais s’il traite volontiers les choses par l’absurde, Gilles Dal sait aussi se montrer un observateur perspicace, habile à décoder les discours convenus en les traduisant en clair, avec un goût affirmé pour le paradoxe : «En vingt ans de carrière, je n’avais encore jamais entendu ça signifie: J’entends ça tous les jours depuis vingt ans.» Autre recette éprouvée, celle du crescendo: comment, par exemple, faire fuir des invités qui s’incrustent, en recourant à des expédients de plus en plus radicaux - le pire d’entre eux consistant à leur proposer, en ultime recours, une partie de bataille…Tout, dans ce répertoire, n’est pas du même intérêt, et il lui arrive de forcer un peu le procédé. Mais c’est la loi du genre, et il ne fait pas doute que le lecteur, devant l’abondance et la diversité des situations proposées, ne trouve de quoi passer quelques moments de franche rigolade.
Parmi les couples recensés par Rémi Bertrand figurent les termes «mail» et «courriel». Ils sont, avec quelques autres, au cœur du livre d’Aurélia Dejond, assidue elle aussi du «Jeu des dictionnaires», et journaliste spécialisée dans la communication sous toutes ses formes. Déjà auteur, il y a quelques années, de La cyberl@ngue française, elle remet le couvert avec un livre publié dans la même collection que celui de Gilles Dal, et intitulé plus sobrement encore Cyberlangage. Au menu: la langue utilisée par les habitués des textos, du courrier électronique et du «tchat» sur internet – pour laquelle les Québécois ont inventé le joli terme générique de «clavardage». Dans le débat qui oppose partisans et détracteurs de ces pratiques mutantes, Aurélia Dejond se range résolument du côté des premiers. Elle-même adepte fervente du cyberlangage, elle lui trouve de multiples vertus. Tout d’abord, il développe le goût du jeu: Internet, dit-elle, est «une grande cour de récréation planétaire». Ensuite, il déculpabilise l’utilisateur par rapport aux contraintes de l’orthographe et de la grammaire, lui permet de «dédramatiser» le langage afin de mieux «se le réapproprier». Troisièmement, il est un instrument de démocratisation, de nivellement des différences (d’âge, de race, de sexe, de niveau culturel, d’appartenance sociale) : derrière leur clavier, le cancre, la ménagère et l’ingénieur sont sur un pied d’égalité, et le plus doué n’est pas forcément celui que l’on croit. Elle ne craint pas d’affirmer, dans la foulée, que son usage «ressoude la fracture sociale» chère à Jacques Chirac. A ceux qui lui objecteraient que le clavardage entraîne un appauvrissement de la langue et des représentations, elle répond que les ados sont parfaitement capables de «cloisonner», que ce n’est pas parce qu’ils prennent des libertés avec les codes qu’une fois replacés en situation scolaire ou professionnelle, leur maîtrise de la langue s’en trouvera diminuée. D’ailleurs, argumente-t-elle, être capable de s’orienter dans la jungle des sigles, abréviations et autres émoticônes qui sont le quotidien des clavardeurs (et dont on trouvera dans la seconde partie un glossaire assez complet) ne suppose-t-il pas une belle capacité d’apprentissage et d’adaptation au potentiel créateur du langage? Et de s’autoriser de la caution de quelques grammairiens, certes minoritaires, mais parfois de premier plan, à commencer par le célèbre lexicographe Alain Rey, qui voit dans ces formes nouvelles une source d’enrichissement. Le débat est donc ouvert. Gageons qu’il le restera longtemps encore…

Un bouquin n’est pas un livre

par Michel Torrekens, dans Le Ligueur,
22 novembre 2006.

Du même auteur, qui aime jouer du sens des mots, cet opuscule au titre bienvenu décortique avec humour et goût de la formule les nuances qui se glissent entre les synonymes. Un abus est-il un excès, un angoissé, un anxieux, un cliché, un stéréotype, une épouse, une femme, un vélo, une bicyclette ? Rémi Bertrand s’amuse de ces couples de mots et nous invite avec humour à réfléchir à l’usage que nous en faisons.

La langue à la lettre

par Jean-Pierre Dufreigne, dans LIRE, novembre 2006.

Ludique et drôle, la collection dirigée par Philippe Delerm célèbre la langue française: retrouver le sens d'un terme inusité, un jeu sur la langue ou encore une définition. Un vrai régal à partager!

Le français a la mémoire longue. Il se souvient qu’il fut la langue qui diffusa les Lumières, puis la Révolution, celle avec une majuscule, colonisa à l’Ouest, au Sud, à l’Est extrême, et en Océanie. A civilisation dominante, langue dominante. N’étant plus dominante depuis deux siècles, la langue française se braque. Et quand les politiques entrent dans cette sirupeuse «repentance» qui est de la dernière mode, ils demandent toutefois aux «anciennes colonies» de garder la langue. On nomme cela la francophonie. Mais on ne garde pas une langue comme un panda au zoo, on doit lui laisser sa liberté et sa sauvagerie. Notre langue ne gouverne plus la Raison, la Diplomatie, les Sciences, la Technologie, voire l’Amour. La belle affaire que de ne plus régner sur des Majuscules!
Une collection de petits livres aux prix minuscules de 5 à 7,50 euros, Le Goût des mots (Points/Seuil), la débarrasse de ses carcans idéologiques, lui rend sa pureté, ses audaces, son don de rapine chez ses sœurs langagières et sa folie douce! Sa joie de vivre. Le goût des mots... celui qu’on a sur le bout de la langue, ou celui dont on se gargarise des jeux, de ses «traits» qui sont autant de flèches ne ratant jamais leur cible, et de ses nuances qui savent mieux peindre un ciel que Ruysdael. Comme les piments de la peinture à l’huile, les mots sont difficiles à manier, à marier. Mais ils sont bien plus beaux que la peinture à l’eau tiède sur langue de bois (métaphore hardie) qui sombre mais ne flotte pas.

Les mots s’oublient mais reviennent. On négligea la pratique du déduit au lit, pendant un demi-siècle, au profit de la baise. Et puis le déduit resurgit dans le Petit Larousse illustré il y a neuf ans. Nos amours n’en connurent que plus de raffinement linguistique. Ce n’était là qu’un exemple en passant.

«J’affirme qu’on peut défendre le bon français par esprit de liberté, par malice, par instinct rebelle», écrit Pierre Bénard dans C’est la cata. Petit manuel du français maltraité. Le chroniqueur du langage dans Le Figaro n’a rien d'un intégriste. C’est un respectueux du plaisir d’écrire et de parler, un fervent d’Horace qui enseignait dans son Art poétique: «Les mots sont pareils aux feuilles des forêts, que l’automne arrache pour que de nouvelles générations verdissent.» «Les mots ont leurs saisons, leur déclin, leur résurrection», poursuit Bénard.
Le Goût des mots n’est pas une nécropole, mais un banquet entre ami(e) s choisi(e) s. Le directeur de la collection, Philippe Delerm, célèbre pour ses plaisirs minuscules, les humanise joliment: «Les mots sont déçus de rencontrer notre respect, quand ils voudraient notre amitié.» Tout est dit. Aussi, dans le traitement des synonymes d’Un bouquin n’est pas un livre, de Rémi Bertrand, on lira pour cigarette et clope: «La cigarette est un objet de mort; la clope, un objet de plaisir.[...] La clope est restée ce qu'était la cigarette avant le retournement de veste des médias: un moment de détente voluptueuse, à partager ou à griller en solitaire - du temps volé au temps.» Et au registre des difficultés de la langue française dans Le pluriel de bric-à-brac, d’Irène Nouailhac, on entrevoit le «choc des civilisations»: «canon n.m. Quand le mot désigne les règles ecclésiastiques, un seul n pour les dérivés, canonial(e), canonique, canonicat, canoniser. Dans le sens de pièce d'artillerie, deux n pour les dérivés: canonnade, canonner, canonnier/ière.» Le français sait séparer la religion de la guerre; qu’on se le dise ailleurs en répondant à la simple question: pourquoi tant de n?

Mais loin des furies stupides, au registre de l’amour, on reviendra aux synonymes de Rémi Bertrand: «épouse, femme: femme, contrairement à mari, n’exprime pas l’idée de mariage [...]. L’épouse est fidèle - on dit d’elle que «c’est une bonne épouse». [...] C’est toujours la femme qui est volage - le cocu s’écrie: "Ma femme me trompe!" [...] La femme défait ce que l’épouse a fait. La femme prend un amant; l’épouse, un avocat.»

Lire les six ouvrages de la collection du Goût est donc un délicieux jeu pour l’esprit. Car les mots jouent, on le sait, se frôlent, s’interpellent, se séduisent l’un l’autre et finissent comme toutes les espèces vivantes par se croiser.

Michel Laclos nous fait un grandiose cadeau: 8 000 définitions allant du plaisant à l’érudit dans son Dico des mots croisés. Laclos est «compositeur» de grilles (expression plus seyante que verbicruciste) au Figaro et annexes dominicales. Un homme de la classe de Georges Perec, Robert Scipion, Jacques Bens, Yves Gibeau. Voire de Claudel qui trouva pour le mot suicide l’inoubliable «manque de savoir vivre». Puisqu’ici nous sommes à Lire, nous ne garderons que ce qui a trait à la littérature. Qu’est-ce que «L’exploitation de l’homme par l’homme» sinon une autobiographie? Comment mieux définir un best-seller que par «livre d’or» ou «tube de papier»? «Celui qui étudie les fleurs mais non sans mal» ne peut être que baudelairien. Quant à l’élégie, elle est avant tout une «transmission de plaintes» et le libelle, une «feuille piquante».

A dico, dico et demi. Le Petit fictionnaire illustré d’Alain Finkielkraut ouvre la porte aux rêves avec ses «mots qui manquent au dico». Tels le «camembour: style de blagues qu'on aime faire entre la poire et le fromage», l’«émirage: cheikh sans provision», et pour côtoyer le surréalisme: «kidnapper: recouvrir ses viandes ou ses gâteaux d’une couche de chair enfantine». Mais Finkielkraut n’oublie pas qu’il enseigne la philo à l’Ecole polytechnique. Son kantgourou n’est autre qu’«un philosophe australien, professant la doctrine de l’idéalisme transcendantal».

On ne saurait tout citer. Ainsi Pierre Enckell, lexicographe, s’est-il tapé les 24 034 pages du Grand Dictionnaire universel de Pierre Larousse publié entre 1863 et 1890 pour nous en offrir, mieux que la substantifique moelle, le miel imprévu: les «perles». Le titre de ce recueil est sublime et en passe de rester immortel: Que faire des crétins? Réponse dans l’encadré ci-dessous.

Un bouquin n’est pas un livre

dans Télé Star, 17 octobre 2006.

Fleuron d’une nouvelle collection sur la langue française - dirigée par Philippe Delerm -, cet ouvrage inédit, tout en subtilités, fait un sort aux synonymes. Pour distinguer l’instant du moment, l’erreur de la faute, le goût de la saveur...

Itinéraire d’un auteur gâté

par Catherine Bastin, dans La Nouvelle Gazette,
16 octobre 2006.

Il ne veut rien savoir mais il a l’étoffe d’un écrivain chanceux. A 24 ans, il signe un doublé littéraire, une performance qui n’entame en rien sa modestie de jeune écrivain en route vers la célébrité. Romancier et essayiste, le carolo Rémi Bertrand ne coud pas ses histoires de fil blanc.

Un roman Coxyde et un essai Un bouquin n’est pas un livre, c’est une super rentrée littéraire pour un très jeune auteur ?
C’est un bel automne effectivement mais totalement imprévu. Coxyde est un roman de 70 pages qui part d’une question existentielle à moitié autobiographique. Une femme demande à son compagnon les preuves de sa vocation d’écrivain. Un bon prétexte pour partir sur les traces de sa vie à la mer du Nord. J’ai écrit cet ouvrage en 2005 et trouvé un éditeur quelques mois plus tard. L’autre livre est une commande, mais un vrai plaisir malgré la contrainte de temps et de thème.
Vous êtes très jeune, 24 ans, d’où vient ce goût des mots ?
A 13 ans déjà, j’avais écrit un petit roman comme d’autres écrivent leur journal intime. Mon envie d’écriture date de l’adolescence, ce qui n’est guère original. Mais mes études de philologie romane ont alimenté ce désir des mots.
Dans ce milieu, la réussite est rare ? Vous êtes un ovni ?
La chance me sourit c’est vrai. Je travaille à mi-temps pour une petite maison d’édition montoise «Autrement dit» spécialisée dans les livres audio pour malvoyants. Philippe Delerm, qui dirige la collection «Le goût des mots» pour Points m’a passé cette commande basée sur les nuances des synonymes.
Justement votre maîtrise du verbe impressionne…
Cet opuscule témoigne d’une grande rigueur scientifique mais j’y ai goûté un grand plaisir des mots ! J’ai joué avec l’ironie et le plaisir !

J’ai adoré, mon chien l’a dévoré !
Après une biographie de Louis XVI et un roman de Philippe Roth, mon Jack Russel s’est attaqué à Rémi Bertrand. Ecrire qu’il a dévoré Rémi Bertrand n’est pas un euphémisme. Un bouquin n’est pas un livre n’a pas laissé indifférent mon compagnon à poils qui depuis affiche une prunelle nettement plus intelligente. Il reconnaît dorénavant la nuance entre abus et excès, agite la queue différemment selon qu’il est content ou satisfait. Et exige un ton différent si ma voix se veut persuasive ou convaincante. Foutu bouquin !

Tout est dans la nuance

par Sophie Godin, dans Femmes d’aujourd’hui,
12 octobre 2006.

Si vous adorez, comme nous, chipoter sur les mots, couper le cheveu en quatre et saouler votre entourage avec les petites différences (parfois minuscules) entre les synonymes de la langue française, ce livre futé est fait pour vous. Il s’intitule Un bouquin n’est pas un livre. OK: là, la différence est nette. Oui, mais, entre «abouti» et «accompli»? «Abus» et «excès»? «Erreur» et «faute»? «Equivoque» et «ambigu»? «Cliché» et «stéréotype»? Vous séchez ? Ehéhé ! Comme on le voit sur la couverture décorée de bonbons, ce livre (ou bouquin?) est une vraie gourmandise.

Un bouquin n’est pas un livre

par Eric Cornu, dans Keskispas (région de Mons), du 6 au 19 octobre 2006.

Tel est le titre du «bouquin qui n’en est pas un» que le Montois Rémi Bertrand offre à la collection imaginée par Philippe Delerm : «Le goût des mots». Jeux de mots, et jonglage de synonymes faux comme des jumeaux qui se ressembleraient autant que Laurel et Hardy. Car les questions sont tout de go posées : «L’épouse vaut-elle la femme?» ou «La pomme de terre a-t-elle la même saveur que la patate?» Auxquelles j’en ajoute d’autres, toutes personnelles: «Est-il normal qu’un gardien de la paix fasse partie des forces de l’ordre?». Mais je n’irais pas plus loin: si je me retrouve avec des poulets dans le panier à salade, à quelle sauce me cuisineront-ils?

Ouvrages de référence

par Philippe-Jean Catinchi, dans Le Monde,
vendredi 6 octobre 2006.

En marge de la rentrée littéraire, septembre est aussi le temps des dictionnaires. Et chacun de commenter les mots nouveaux accueillis dans ces ouvrages de référence. Cet automne, toutefois, la moisson est plus originale. Outre la précieuse biographie d’Antoine Furetière que signe Alain Rey (Fayard, «Le Monde des livres» du 29 septembre), Points lance une délicieuse collection sur «Le goût des mots», placée sous la houlette gourmande de Philippe Delerm. Il n’est pas jusqu’aux couvertures, dues à Didier Gaillard, qui ne fasse saliver, bonbons et sucres d’orge en habit acidulé. Six titres déjà, avec de précieuses reprises, tel le désopilant Petit fictionnaire illustré d’Alain Finkelkraut, mais aussi des inédits.
Parmi eux, le petit essai de Rémi Bertrand résume bien l’esprit de la collection. Servi par le dessin intelligent d’Hervé Tullet, l’auteur passe au crible les subtilités lexicales qui différencient un instant d’un moment, l’erreur de la faute, l’équivoque de l’ambigu, l’abus de l’excès, le tic du toc... Avec en prime un humour et un sens de la formule en finale qui tranchent sur le sérieux des analyses («pour avancer, j’ai besoin d’avoir envie», mais aussi «mangez des pommes de terre, vous aurez la patate!»).
On sourira autant avec les commentaires fantaisistes, voire délirants, glanés par Pierre Enckell au fil de sa navigation au long cours dans les dix-sept volumes du Grand Larousse universel du XIXe siècle et ses 24 000 pages. Préjugés du temps (la guerre des Prussiens contre les chrysanthèmes), aberrations scientifiques, naïvetés («Si l’on compare les organes génitaux des deux sexes, on trouve d’abord une différence frappante qui fait distinguer l’homme de la femme»), autant que de graves débats («Que vaut l’oeuvre de Brahms ?», «Dans quel cas peut-on fesser un bagnard ?», «Les députés sont-ils inodores ?»)... Comme Enckell a choisi ces 365 perles avec force clins d’oeil à l’actualité du jour, la saveur est double souvent.

Un bouquin n’est pas un livre. Les nuances des synonymes, de Rémi Bertrand (Points, 192 p., 6 €).
Que faire des crétins? Les perles du Grand Larousse, de Pierre Larousse (Points, 224 p., 6,50 €).

Langue française

par Pierre Maury, dans Le Soir,
vendredi 6 octobre 2006.

Collection «le goût des mots» *** (trois étoiles = on aime passionnément)
PHILIPPE DELERM

La famille Delerm se porte bien : le fils sort un disque (Mad du 27 septembre), le père lance une collection. Six titres alléchants, dont deux inédits, pour ceux qui utilisent et aiment les mots. Rémi Bertrand traque les nuances entre les presque-synonymes dans Un bouquin n’est pas un livre. Irène Nouailhac condense les difficultés de la langue française dans Le pluriel de bric-à-brac (invariable). Et regroupe, en annexe, quelques sujets savoureux. Où on rencontre des pléonasmes de tous les jours qui nous piègent parfois. Les rééditions ne sont pas mal non plus. Il est plaisant de retrouver les mots-valises d’un Alain Finkielkraut imaginatif dans le Petit fictionnaire illustré. Les expressions ont leur parcours grâce à L’habit ne fait pas le moine, de Gilles Henry. Les mots ont une histoire grâce à Daniel Brandy dont Motamorphoses est présenté par «notre» Joseph Hanse. La perle de cette première et généreuse livraison est, malgré tout, le résultat des fouilles effectuées par Pierre Enckell dans le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle. Pierre Larousse et ses collaborateurs en ont écrit de belles ! Leurs plus beaux délires sont regroupés dans Que faire des crétins?. Où le passé fait des clins d’oeil à l’actualité, avec un George Bush ou un Chirac. Quant au débat sur la repentance coloniale, sera-t-il relancé par le rôle de la race blanche tel qu’il est décrit dans l’article «Migration» ?

Le goût des mots

dans L’Express, du 5 au 11 octobre 2006.

Ce mois-ci, les éditions Points lancent «le goût des mots», une nouvelle collection dirigée par Philippe Delerm, l’auteur du célèbre recueil La Première Gorgée de bière, qui est une véritable déclaration d’amour aux mots. Au programme : six premiers volumes aux couvertures sucrées et colorées entièrement consacrés à la langue française et à ses difficultés : pléonasmes, expressions idiomatiques, emprunts... Des ouvrages instructifs et jubilatoires !

Mots dans tous leurs états

par Christine Ferniot, dans Télérama, du 30 septembre au 6 octobre 2006.

Acidulées comme des berlingots, les couvertures de la collection Le goût des mots donnent envie de tourner les pages. Ces six friandises, publiées sous la direction de Philippe Delerm, sont une manière gourmande d’apprivoiser les synonymes, d’approcher la syntaxe, d’éclairer l’origine des expressions… L’ouvrage de Rémi Bertrand, Un bouquin n’est pas un livre, invite à faire le bon choix entre le goût et la saveur, l’équivoque et l’ambigu, le colérique et l’irritable. Irène Nouailhac s’attaque, elle, à d’autres difficultés dans Le Pluriel de bric-à-brac. Une petite colle pour la mise en bouche ? Si le canard cancane, que fait la caille ? Eh bien, elle cacabe ! Gilles Henry remonte à la source des expressions comme«convoquer le ban et l’arrière-ban»ou«tomber dans le troisième dessous ». De son côté, Pierre Enckell relève les perles du grand dictionnaire de Pierre Larousse. Daniel Brandy débusque les secrets étymologiques, tandis qu’Alain Finkielkraut les réinvente. Un joli périple.

*** Télérama donne (ou accorde ?) trois étoiles aux premiers livres de la collection : c’est le dernier barème avant le livre parfait !

Un mot pour un autre

par Ghislain Cotton, dans Le Vif L’Express,
du 29 septembre au 5 octobre 2006.

Rémi Bertrand signe un petit livre salubre et drôle sur les «nuances des synonymes»

Dans une époque où le mode binaire semble avoir débordé l’informatique pour envahir le langage courant (nul-génial, cool-chiant, etc.), revenir au poids exact des mots n’est pas seulement une coquetterie mais une condition de sauvegarde, nécessaire à l’expression valable de toute pensée et jusqu’à la construction même de cette pensée.
Le romancier carolorégien Rémi Bertrand aborde le sujet des synonymes, de leurs nuances et de leurs faux-semblants avec autant de pertinence philologique que d’humour et de souriante philosophie. Un besoin n’est pas une envie, persuader n’est pas convaincre, un avis n’est pas une opinion, comme Un bouquin n’est pas un livre et ainsi de suite.
Chemin faisant, l’auteur pointe aussi des cuistreries ubuesques comme la transfiguration de la femme de ménage (qui n’en demandait pas tant) en technicienne de surface. Et, l’air de rien, sous sa plume allègre et buissonnière, c’est aussi toute la façon de vivre d’une société qui perce sous le choix des mots qu’elle privilégie.

La quintessence des mots

par Eric de Bellefroid, dans La Libre Belgique,
29 septembre 2006.

Nuances et subtilités de la langue française dans une nouvelle collection de poche.

Il fallait que ce fût une épicière grecque qui nous prît en flagrant délit, sur le fait. Alors qu’on lui demandait un frangipane, elle nous corrigea tout de go : «Une frangipane? Très bien». Une vague de honte s’empara de nous, d’autant qu’une autre cliente était dans notre dos pour témoigner elle aussi de notre méprise.
Par bonheur, le «sexe» des mots figure également parmi les pièges et subtilités de la langue française recensés dans la nouvelle collection éditée chez Points, «Le goût des mots», et dirigée par l’écrivain Philippe Delerm («La Première Gorgée de bière... et autres plaisirs minuscules»).
Quand l’épice, l’enzyme ou l’ébène sont du genre féminin, l’antre, l’âtre, l’anathème, l’exergue ou les viscères sont, eux, masculins. Et la confusion est toute singulière lorsqu’on dit de quelqu’un qu’il est «un espèce d’imbécile». Tandis que l’amour, le délice et l’orgue, masculins au singulier, forment la bande des trois qui se féminisent au pluriel. A l’exception, entre autres, des «orgues de Staline», qui détonnent naturellement.

Jusqu’à 99 ans
«Mais n’allez pas croire que Le goût des mots est une collection uniquement destinée au monde scolaire. Comme Tintin, la belote ou l’éclair au chocolat, elle est faite pour les jeunes de 7 à 77 ans», insiste Philippe Delerm. A cette réserve près, selon nous, qu’avec le rajeunissement de la plus ancienne génération et l’espérance de vie qui s’ensuit, on peut sans crainte repousser la limite d’âge jusqu’à 99 ans, temps retrouvé bien souvent des plaisirs et saveurs d’enfance.
C’est bien sûr le parti pris le plus courant de ce type d’ouvrages que d’y insérer une forte dimension ludique. Preuve qu’on peut se réconcilier avec la langue sur le mode de l’humour et de la plaisanterie, en toute légèreté. Il en va ainsi notamment du volume consacré par un jeune écrivain né à Charleroi en 1982, Rémi Bertrand, qui, sous le titre «Un bouquin n’est pas un livre», traque sans pardon ni méchanceté les nuances des synonymes.
L’auteur en question nous cite un cas exemplaire de nuance avec les mots «femme» et «épouse». «Femme, contrairement à mari, n’exprime pas l’idée du mariage. C’est peut-être pour cette raison que la femme se sent parfois pousser des ailes... L’épouse est fidèle - on dit d’elle: C’est une bonne épouse ; c’est toujours la femme qui est volage. Le cocu s’écrie: Ma femme me trompe! C’est pourtant... l’épouse qui a juré fidélité. La femme défait ce que l’épouse a fait. La femme prend un amant; l’épouse, un avocat.»

Zinzinuler
Dans l’inédit «Le pluriel de bric-à-brac» (qui est très heureusement invariable), Irène Nouailhac, correctrice et responsable de fabrication dans une maison d’édition, a choisi de repérer bon nombre de difficultés typiques de la langue française, entre barbarisme et pataquès. Elle y consacre une sous-rubrique aux cris des animaux qu’elle décline selon une nomenclature qu’on serait bien inspiré d’apprendre par coeur.
Quand on ignore qu’une mésange zinzinule, on préfère souvent dire qu’on a ouï un pigeon, pourvu bien entendu qu’on sache qu’il roucoule; ou même qu’il caracoule comme la tourterelle. Tandis que l’alouette grisolle, turlute ou tirelire, que le canard cancane ou que l’oie cacarde. Mais il en reste bien d’autres.
On rit jaune, par ailleurs, quand on énumère les pléonasmes qu’on peut aligner sur une journée: allumer la lumière, abolir entièrement, le plus absolu, l’apanage exclusif, avoir un bel avenir devant soi, etc. Mais on se console en plaidant qu’un pléanasme est une figure de rhétorique parmi d’autres, parfaitement agréée par les experts en la matière.

Un certain Baekeland
Avec Gilles Henry, qui signe «L’habit ne fait pas le moine», on passe en revue la petite histoire des expressions. Et l’on lit que «mettre au violon» remonte au temps où, à Paris, un instrument fourni par les luthiers de la capitale était destiné aux loisirs des prisonniers. Cette grandeur n’a plus cours de nos jours, en tout cas pas à la prison de Termonde.
En revisitant aussi les perles du Grand Larousse, on apprend «que faire des crétins» au XIXè siècle. «Tout crétin doit être transporté dans une autre contrée et là être soumis à une surveillance continuelle, afin de prévenir les excès d’ivrognerie et les abus d’onanisme.» C’est clair, net et sans bavure.
Retraçant l’histoire des mots dans «Motamorphoses», Daniel Brandy flatte enfin notre fibre patriotique en nous rappelant que le Pr Leo Hendrik Baekeland, chimiste belge de l’Université de Gand, légua son nom à la résine synthétique connue sous le nom de bakélite. Ce qu’on peut parfois être fier d’être Belge!

Le petit fictionnaire d’un philosophe
Les philosophes ne sont pas toujours sérieux. Du moins ne connaissait-on pas à Alain Finkielkraut, fin connaisseur d’Hannah Arendt et d’Emmanuel Levinas, une si vive inclination au calembour et au jeu de mots; en l’occurence, aux mots-valises. Il est vrai que le «Petit fictionnaire illustré» remonte à 1981, il y a donc 25 ans.
Pinçons ici quelques-uns de ces mots qui manquent au dictionnaire. Le charlacan: psychanalyste prenant très au sérieux les jeux du langage. La constipassion: amour timide qui n’arrive pas à se déclarer. Ou livresse: étourdissement, visage hagard, démarche titubante des jours où l’on a trop lu. Et, à ce propos, un scribrouillard désigne un auteur fumeux.
On peut encore brigoler: éclater de rire en plantant un clou. Ou avoir une riminiscence: un souvenir vague d’une rencontre sur la côte adriatique. Rencontrer un rhinoféroce: gros mammifère corné et connu pour son extrême méchanceté dès qu’il attrape un rhume. Dans le même registre du bestiaire, le drolmadaire serait un chameau facétieux. Et l’hebdrolmadaire, un chameau qui rit tous les lundis. Ce qui nous rappelle au besoin qu’un chalumeau est un dromadulaire à deux bosses.
Sachons encore qu’un toutriste est un voyageur parti à l’aventure, et auquel il n’est rien arrivé. Il n’aurait même point aperçu un émirage, cheikh sans provision. Ni un despotiche, ancien monarque absolu réduit par les circonstances à un rôle de décoration, qui aurait été de surcroît victime d’une fantasmagorille, soit un rêve de puissance.
Au fil de la collection «Le goût des mots», on relèvera aussi un certain nombre de confusions malheureuses. Ainsi, un capitaine d’industrie, qui est un grand industriel, n’a en principe rigoureusement rien à voir avec un chevalier d’industrie, qui est un grand escroc. De même, si «naguère» signifie il y a peu de temps, récemment, «jadis» en revanche veut dire il y a longtemps. Enfin, on est «fier comme Artaban», et non comme d’Artagnan, bien que ceci ne manque pas de panache non plus.

Un mal, des mots

par François Reynaert, dans Le Nouvel Observateur,
du 28 septembre au 4 octobre 2006.

Savez-vous de quoi vient l’expression « s’en moquer comme de l’an quarante » ? D’une déformation de « s’en moquer comme de l’Al Coran » – le nom arabisé du Coran –, expression qu’utilisaient au Moyen Age les chevaliers chrétiens dont on sait qu’ils n’aimaient rien tant que de faire des mahométans leurs têtes de Turc (ce qui est une façon de parler, et un anachronisme, cette locution-là est du XIXè siècle). Posez-vous maintenant la question : en 2006, un chevalier chrétien, même haut placé, peut-il encore se moquer de l’Al Coran comme de l’an quarante ? On voit par là que l’histoire n’évolue pas toujours dans le sens d’une plus grande décrispation.
Vous vous demandez où je vais ? Je vous explique. Cette semaine, alors que, comme vous sans doute, j’avais la tête fracassée par une actualité toujours plus démente, une main sans doute providentielle a déposé sur mon bureau cinq ou six petits ouvrages qui firent mes délices (toujours féminines au pluriel, comme amour, autre transsexuel qui change de genre selon qu’on le conjugue à un ou à plusieurs, eh bien dites donc, elle est belle la grammaire !). Il s’agit d’une toute nouvelle série de livres lancée par le Seuil (nous parlons de la maison d’édition pas de la marche devant la porte) dirigée par l’excellent Philippe Delerm, jadis rendu célèbre par sa gorgée de bière et qui garde une dilection pour les plaisirs du palais : la collection s’appelle «le Goût des mots». Tel volume, sous le joli nom de «Motamorphoses», traite d’étymologie, tel autre de synonymie ou de syntaxe, il s’agit de labourer en tout sens le champ sémantique et la moisson nous est bonheur.
Ne vous méprenez pas, je ne suis pas naïf, je ne pense pas que le mal de notre temps puisse être guéri par les mots. Même si, parfois, ils peuvent le soulager un brin. J’aime apprendre que congrès, jusqu’au XVIIè siècle, signifiait «accouplement». Cela ne change pas grand-chose à notre vie politique, mais cela donnera au prochain grand rendez-vous de l’UMP un petit aire qu’on ne lui soupçonnais pas. J’adore découvrir que le pétrole (littéralement, « huile venue de la pierre ») servait chez les Egyptiens anciens à guérir du ténia. Quand on pense aux dissensions actuelles à la Mairie de Paris entre le maire et le groupe écologiste à propos du plan de circulation automobile, avouez-le, il est amusant d’apprendre qu’à l’époque déjà l’essence servait à chasser les vers. Et quel petit bonheur d’aller vers la désignation pour la présidentielle au PS en sachant que le candidat dérive du latin candidus, qui signifie blanc, parce qu’à l’époque romaine, pour prouver sa candeur (même famille), tout postulant devait porter une robe virginale. N’est-il pas navrant que la pratique en soit perdue ? Là non plus cela ne modifierait en rien le vote mais, avouez-le, M. Strauss-Kahn, Mme Royal, M. Jospin et M. Fabius, les petits pieds serrés dans des chaussures vernies, et la taille prise dans une aube de communiante, pour le coup d’œil, quelle joie !
Pour les choses essentielles, hélas, ce petit jeu est vain. Revenons aux malheurs de Benoît XVI. Entendez-moi bien, je ne tiens pas, sur ce sujet, à en remettre une couche (expression populaire que je n’ai pas trouvée cette fois mais qui vient probablement du monde des peintres en bâtiment et non de celui des nourrices). Sur le fond des choses, je pense sans doute comme nombre d’entre vous. En fervent laïque, j’estime que la critique de toute religion doit être absolument libre. Le pape a donc parfaitement le droit de dire ce qu’il veut de l’islam. Tout comme nous avons le nôtre de nous étrangler devant de tels propos : entendre le chef d’une Eglise qui a organisé, entre autres, les croisades, l’Inquisition et la lutte contre la démocratie se faire aujourd’hui le héraut de la paix par la Raison, cela reviendrait un peu à imaginer M. Jack Daniel’s en patron de la lutte antialcoolique. Peu importe. Qu’a-t-on vu, partout au monde, à la suite du discours pontifical ? Des gens qui, pour prouver à quel point il était scandaleux de les traiter d’intolérants, se sont mis à brûler des églises et à assassiner des religieuses. Non, les plaisirs raffinés d’une nouvelle collection de lexicologie ne peuvent rien contre pareil fanatisme. Mais quel bonheur pour nous, athées, musulmans, juifs ou chrétiens de bonne foi, de savoir qu’il existe encore dans ce monde de folie, quelques rares petits endroits où les pauvres mots ont toujours un sens.

Un bouquin n’est pas un livre

par Jacques Mercier, dans La Libre Belgique, rubrique «Monsieur Dico», jeudi 28 septembre 2006.

Rémi Bertrand est un jeune carolorégien, auteur de quelques livres, dont le roman «La Mandarine blanche». Il fait son entrée dans une collection dirigée par Philippe Delerm «Le goût des mots» (Points) avec ce titre «Un bouquin n’est pas un livre». Il y propose toutes les nuances entre des synonymes. Un bréviaire pour les «communicateurs» ! Comme l’écrit Delerm en introduction : «Les mots dépassent souvent nos pensées, nos émotions, nos sensations. Souvent, nous disons : Je ne trouve pas les mots. Il faut les soupeser, les regarder, apprendre leur histoire.» En quatrième de couverture, Rémi Bertrand donne un bon exemple de ce qu’il propose :«Femme, épouse : Femme, contrairement à mari, n’exprime pas l’idée du mariage. C’est peut-être pour cette raison que la femme se sent parfois pousser des ailes… l’épouse est fidèle – on dit d’elle : C’est une bonne épouse ; c’est toujours la femme qui est volage. Le cocu s’écrie : Ma femme me trompe ! C’est pourtant… l’épouse qui a juré fidélité. La femme prend un amant ; l’épouse un avocat.» Le ton est donné. Et nous parcourons à sa suite les nuances de avis et opinion, goût et saveur, besoin et envie, piscine et bassin de natation… C’est un petit livre qui raconte simplement les histoires : «Au bassin de natation, on n’est pas là pour rire ; on est là pour l’action : on exécute son heure de sport hebdomadaire (on a même pris un abonnement), on fait d’interminables longueurs… Dans la piscine, c’est autre chose : on fait ce qu’on veut…»

Pour les petits et les grands mots

par Audrey Verbist, dans Vers l’Avenir,
21 septembre 2006.

Cette collection propose une série de livres rigolos et instructifs sur les mots, expressions et difficultés de la langue française.
Tirer les vers du nez, bâtir des châteaux en Espagne, être né sous une bonne étoile, connaître quelque chose sur le bout des doigts, découvrir le pot aux roses, avoir voix au chapitre, mentir comme un arracheur de dents, le dire entre la poire et le fromage... tout le monde sait plus ou moins ce que ces expressions signifient. Mais combien par contre en connaissent l’origine ? Ce livre, présenté sous la forme d’un dictionnaire remonte aux sources des expressions pour en éclairer le sens (Gilles Henry, L’habit ne fait pas le moine : petite histoire des expressions).
L’édition originale du Grand Dictionnaire de Pierre Larousse, basé sur les connaissances du XIXième siècle est plein d’aberrations scientifiques, de préjugés de l’époque et de commentaires fantaisistes. Mais il foisonne de perles très drôles telles que dans la définition du mot idiotie, il est écrit que Les imbéciles ont des désirs et des penchants proportionnés au développement de leur intelligence. Ils sont gourmands et coquets. (Pierre Larousse, présenté par Pierre Enckell, Que faire des crétins ? : les perles du Grand Larousse).
Quelle est la différence entre susceptible, colérique et irritable ? Le premier se vexe ; le deuxième se cabre et le dernier craque. Susceptible : je suis vite offensé ; colérique : je m’emporte violemment sans crier gare ; irritable : j’ai les nerfs sensibles. Avec humour et perspicacité, Rémi Bertrand passe au crible les subtilités et les nuances des synonymes. (Rémi Bertrand, Un bouquin n’est pas un livre : les nuances des synonymes).
Savez-vous ce qu’est un wagabon, une luniversité, un terrorisette, un votkamarade ou un yestredingue ? Non, c’est parce qu’ils manquent aux dictionnaires qui contiennent tous les mêmes mots. Voici donc un recueil de mots-valises drôle et poétique. (Alain Finkielkraut, Petit fictionnaire illustré : les mots qui manquent au dico).
Deux autres livres viennent encore compléter la collection : Motamorphoses, de Daniel Brandy, qui rend accessible l’histoire et la signification des mots. Et Le pluriel de bric-à-brac, d’Irène Nouailhac qui décortique syntaxes bizarres, orthographes compliquées, prononciations impossibles et autres difficultés de la langue française.

Que faire des crétins ?

par Michel Polac, dans Charlie Hebdo, mercredi 20 septembre 2006, rubrique «La bibliothèque de Michel Polac».

Comme Madame de La Fayette, Philippe Delerm est célèbre grâce à un seul livre, La Première Gorgée de bière, mais il mérite d’être célébré pour sa nouvelle collection, «Le Goût des mots», au Seuil. Le goût (la saveur, la beauté), voilà qui attire plus mon appétit que les pseudo-sciences, genre linguistique ou sémiologie.
Six ouvrages paraissent d’un coup, trois rééditions de livres dont je n’avais jamais entendu parler (à quoi servent les services de presse, bon sang de bon sang) et trois inédits tous excellents, à l’exception du Petit Fictionnaire illustré, concocté par Finkielkraut quand il se prenait à vingt ans pour un humoriste (ambition qui lui est bien passée) : il publiait alors Le Nouveau Désordre amoureux avec Pascal Bruckner. Depuis lors, il a publié trente ouvrages, dont la liste remplit ici quatre pages. Il s’agit d’un dictionnaire farfelu, Les mots qui manquent au dictionnaire, dont voici un exemple: «Cafardeux : couple qui s’ennuie. Cafartrois : les mêmes un an plus tard avec un bébé.» En leur temps, Gide et ses amis de la NRF avaient publié un dico un peu plus drôle où l’on lisait «Aspirine : femme de l’aspirant». Riez si vous êtes de bonne humeur (ce n’est pas mon cas).
Le régal, c’est Pierre Larousse présenté par Pierre Enckell : Que faire des crétins ? / Les Perles du Grand Larousse. Pierre Enckell est un humoriste trop méconnu, auteur de plusieurs dicos, anthologies de citations – perles d’auteurs célèbres. Il y a plus de cinquante ans (ça devient une rengaine chez moi), je m’étais amusé à la radio avec le Larousse pratique hérité de mon grand-père. Par exemple, à la rubrique «Colonies»: «Comment composer la malle du colonial». Mais Enckell, qui est plus bûcheur que moi, a épluché les 24033 pages (cela correspond, dit-il, à une centaine de Pléiade) du Grand Larousse du XIXè siècle, qui a servi encore longtemps au XXè, et il nous dévoile le vrai visage de cet instituteur laïque et républicain, néanmoins raciste, sexiste, xénophobe et puérilement scientiste (il en existe encore aujourd’hui à «gauche»). La préface est superbe parce qu’elle démystifie avec drôlerie ce dico qui a réponse à tout: «Comment reconnaître un Bulgare, régénérer les Chinois, faire fuir un grand fauve, ouvrir une boîte à sardines avec un fer à souder.» Il faut savoir que «la loi punit de prison les mendiants enrichis», «le méridien de Greenwich est un complot anglo-saxon». L’immigration menaçante: «A Paris, le nombre de Belges s’élevait en 1856 à 57649.»
La misogynie de Larousse est hystérique: «Le mariage transforme le physique autant que le moral de la fille […] et il se passe probablement en elle le même phénomène que chez les femelles des animaux, dont la chair n’a plus la même saveur après qu’avant le coït.» (Sic, comme toutes les citations.) Le mariage: «En dehors des rapports sexuels, qui offrent le moyen le plus certain de la propagation des virus – contact des muqueuses –, respirer le même air, vivre de la même vie, absorber pendant les longues heures de la nuit le souffle l’un de l’autre, c’est offrir une singulière facilité à la communication des miasmes contagieux.» Les nègres, les esclaves sont traités comme du bestiau : on vous indique la dose, au gramme près, de millet suffisante pour assurer leur survie. Mais les ouvriers bien de chez nous ne sont pas mieux lotis: «Lorsqu’un ouvrier ne peut plus gagner de quoi subsister, il meurt c’est clair ; l’offre des bras diminue donc et le prix du travail remonte.» N’oublions pas que l’œuvre de Larousse a été poursuivie après sa mort par ses collaborateurs sous la IIIè République.
Plus classiques, les autres ouvrages sont souvent drôles. Dans L’habit ne fait pas le moine, Gilles Henry nous apprend (ou rappelle) l’origine de «coincer la bulle» ou «cotte mal taillée», mais l’origine de «OK» reste controversée, et puis il vaut mieux dire «d’accord» (ce qui ne m’arrive plus guère : je suis en désaccord universel). Dans Un bouquin n’est pas un livre, Rémi Bertrand marque les nuances entre «humble» et «modeste», «penser» et «réfléchir» et, plus ironiquement, entre «femme» et «épouse», ou «femme de ménage» et «technicienne de surface»! Daniel Brandy, dans Motamorphoses, retrace l’itinéraire de «lavabo»: «Lavabo inter innocentes manus mea», disait le prêtre après l’offertoire, et ce n’est qu’au XIXè siècle que ce «je lave» latin est devenu un meuble de toilette.
Le Pluriel de bric-à-brac est l’œuvre sérieuse d’une correctrice, métier précieux et qui devient rare : je suis sûr que nos chers correcteurs qui ont marre de mes récriminations vont lire cet ouvrage d’Irène Nouailhac. Moi, j’y apprends beaucoup, même accessoirement que dans «à queue le leu», «leu», c’est le loup en vieux français. Vive les dicos !

TELEVISION

Il ne faut jurer de rien
(Public Sénat)

émission diffusée le 16 mars 2009, interview de Philippe Delerm réalisée par Emmanuelle Dancourt.

Dans cette longue interview qui retrace son parcours à partir de mon essai Philippe Delerm et le minimalisme positif, Philippe Delerm évoque son rôle de directeur de collection («Le goût des mots», chez Points) et s’étend sur Un bouquin n’est pas un livre (rendez-vous à la 33e minute...).

50 degrés Nord (ARTE/RTBF)

Le décrochage belge quotidien d’ARTE, animé par Eric Russon, entouré de ses chroniqueurs, 8 janvier 2007.

Emission visible sur www.myspace.com/bertrandremi !

Télésambre

par Isabelle Majois et Fabrice Byloos,
8 décembre 2006 (Journal télévisé).

Reportage «dans la maison familiale de Marcinelle». Interview, présentation des livres publiés, documents inédits, séance de piano...

Le bateau livre (France 5)

l’émission de Frédéric Ferney, diffusée le jeudi 28 septembre et le dimanche 1er octobre 2006.

Amélie Dor présente la collection «Le goût des mots», à travers le livre d’Irène Nouailhac Le Pluriel de bric-à-brac et autres difficultés de la langue française, et annonce le salon du livre de poche, Lire en poche (du 29 septembre au 1er octobre 2006), organisé par la Ville de Gradignan (Gironde), où les éditions Points seront représentées par Philippe Delerm et les auteurs des premiers livres du «Goût des mots».

RADIO

Tête à tête (La Première/RTBF)

Rencontre de près d’une heure avec Laurent Dehossay, mardi 28 novembre 2006, de 14h et 15h.

Mes choix musicaux : «Le ours et la hirondelle» (Jérémie Kisling) et «Malidor» (Franck Monnet).
Diffusion de ma chanson «Anne et lumière».

Interview EN ECOUTE ICI!

VivaCité Charleroi (RTBF)

le coup de coeur hebdomadaire d’Olivier Isaac (librairie Molière, Charleroi), dans l’émission Des livres et vous, 31 octobre 2006.

Bel-RTL

par Jean-Paul Andret, dans l’émission Demandez le programme, vendredi 13 octobre 2006.

Petit bouquin ou grand livre ?

par Vincent Engel, dans Bonjour Bruxelles (BXL la city radio), mardi 3 octobre 2006, vers 9h.

Radio BXL – Vous venez aussi avec un livre que… qui… euh…
Vincent ENGEL – Un poche, donc !
BXL – Un poche ! [rires partagés]C’est ce que j’allais vous dire !
V.E. – Un peu particulier.
BXL – Un peu particulier.
V.E. – C’est un poche un peu particulier parce que c’est un inédit. D’habitude, les poches, on reprend des titres qui ont déjà été publiés. Ici, c’est une nouvelle collection qui est dirigée par Philippe Delerm, dont on a beaucoup entendu parler à l’époque : c’est lui qui avait écrit La Première Gorgée de bière, ce qui n’est personnellement pas ma tasse de thé, c’est le cas de le dire. Mais ici, il dirige une petite collection donc :«Le goût des mots»où on réédite entre autres, j’en parlais tout à l’heure, d’Alain Finkielkraut qui avait publié en 85 le Petit fictionnaire illustré qui est très très drôle. Le livre dont je veux vous parler, c’est Un bouquin n’est pas un livre de Rémi Bertrand qui est un très jeune auteur belge de chez nous, et même de Charleroi, qui prend tous les synonymes ou les faux-synonymes, vous savez, justement : quelle est la différence entre un livre et un bouquin, quelle est la différence entre une femme et une épouse, quelle est…
BXL – Ah ça, je peux vous dire ! [rires partagés] On ne touche pas à l’épouse de son ami, par contre la femme…
V.E. – C’est cela, oui ! Vous savez donc, l’idée c’est que la langue est très très riche et que, s’il y a deux mots pour désigner plus ou moins la même chose, ils n’ont pas tout à fait le même sens. Et quand aujourd’hui on entend que la plupart des gens, quand ils veulent vous dire qu’ils ont bien aimé quelque chose, c’est du genre«Trop cool, tu vois, le truc, je veux dire, quoi, enfin bon, tu vois, super quoi, trop !»
BXL –«Trop »
V.E. –«Trop»
BXL –«Trop ! C’est trop ! Is te veel !»
V.E. – Voilà donc, on se dit, ça vaut peut-être la peine d’aller creuser un petit peu toutes les finesses de la langue française. C’est un petit bouquin vraiment… ah ou un grand livre, ah je ne sais pas, est-ce un petit bouquin ou un grand livre ?
BXL – Ah, en taille, c’est un poche, quoi ! [rires partagés]
V.E. – Donc, à lire avec délectation. Ce sont des courts chapitres, un peu comme des chroniques où il analyse ça avec beaucoup de finesse et beaucoup beaucoup d’humour, donc ça se déguste sans fin ! Et je vous reparlerai de Rémi Bertrand prochainement parce qu’il vient de publier un roman qui s’appelle Coxyde, que je n’ai pas encore lu, que je vais savourer très bientôt et je vous en parlerai.
BXL – Pour la semaine prochaine, peut-être ?
V.E. – Peut-être pas. Non peut-être pas pour la semaine prochaine, mais… La semaine prochaine, je vous parlerai de Françoise Lalande, une écrivain bruxelloise même si elle vit au Maroc pour l’instant.
BXL – D’accord. On peut vous lire dans votre site www.vincent-engel.com. On peut vous lire également dans le supplément gratuit du journal Le Soir du week-end, le Victoire. Donc on peut vous trouver partout !
V.E. – Partout… partout… [rires]
BXL – On ne peut pas vous louper ! Merci beaucoup, Vincent.
V.E. – Merci à vous.
BXL – Et à la semaine prochaine.

VivaCité (RTBF)

Interview réalisée par Daniel Barbieux pour l’émission «Hainaut Soir», diffusée le lundi 25 septembre 2006, vers 17h40.

Stéphane POLLART – Il est né dans la région de Charleroi et aujourd’hui il réside à Mons. Il s’est révélé un auteur brillant en écrivant il y a quelques mois La Mandarine blanche. Il nous revient cette fois avec un livre qui est un tout autre exercice, sur les synonymes. Il s’appelle Rémi Bertrand, il a confié l’idée de son livre à Daniel Barbieux : un bouquin qui n’est pas un livre.
Rémi BERTRAND – C’est un livre que j’ai fait à l’occasion du lancement d’une nouvelle collection, aux éditions Points : une nouvelle collection dirigée par Philippe Delerm et ce titre fait partie des six premiers livres de la collection. Il m’a contacté : il m’a confié les synonymes. C’était la seule consigne, et faire des textes courts. Donc, j’ai choisi une trentaine de couples de synonymes qui en fait n’en sont pas et je laisse aller ma plume, je donne mon avis, mon opinion sur l’erreur, la faute, le vélo, la bicyclette, le mail ou le courriel, le cliché ou le stéréotype, la cigarette ou la clope, etc.
Daniel BARBIEUX – La femme ou l’épouse : c’est ce qui est d’ailleurs sur la couverture, c’est le sujet qui est là pour un peu allécher le futur lecteur ?
R.B. – Femme, épouse : on l’a mis évidemment sur la couverture, c’est un passage plutôt accrocheur. Je pourrais même peut-être le lire :«Femme, épouse : Femme, contrairement à mari, n’exprime pas l’idée du mariage. C’est peut-être pour cette raison que la femme se sent parfois pousser des ailes… l’épouse est fidèle – on dit d’elle : C’est une bonne épouse ; c’est toujours la femme qui est volage. Le cocu s’écrie : Ma femme me trompe ! C’est pourtant… l’épouse qui a juré fidélité. La femme défait ce que l’épouse a fait. La femme prend un amant ; l’épouse un avocat.»
D.B. – Le décor est planté. C’est un exercice différent par rapport au bouquin précédent, pardon, au livre précédent, qui était plus un roman, une histoire en tout cas, même si c’était découpé de façon très originale. Ici, c’est tout différent comme exercice ?
R.B. – Ici, il y a quand même une contrainte à la base. Donc, on m’a proposé les synonymes, puis la contrainte c’est qu’on crée une collection avec une philosophie bien déterminée : l’éditeur veut donner le goût du mot (c’est le nom de la collection) en mêlant à la fois la rigueur de l’information et en même temps une plume un peu alerte et humoristique. Ça s’adresse un peu à tout le monde et notamment aux jeunes. Je pense que les professeurs de français pourraient facilement exploiter ce genre de textes et proposer un exercice d’écriture en classe : prenez deux synonymes… Il y en a d’autres que je n’ai pas traités, parce que je n’avais pas envie de dire certaines choses – mais des choses gentilles hein –, par exemple : professeur/enseignant… Parce qu’on peut tomber aussi très vite dans le cliché avec ce type d’exercice (cliché ou stéréotype ?)…
D.B. – Voilà, Rémi Bertrand donc, avec ce bouquin qui n’est pas un livre, c’est le titre du bouquin ou le titre du livre, moi je ne sais pas comment on dit, c’est dans la collection Le goût des mots, aux éditions Points, collection dirigée par Philippe Delerm. Et puis là, pour bientôt, mais on aura l’occasion d’en reparler, il y aura Coxyde.
R.B. – Il y aura Coxyde, qui sera une fiction. Coxyde : on est ancrés sur la côté belge, donc ceux qui connaissent bien Coxyde retrouveront l’Horloge, les gaufres chez Siska ou chez Zizi, les cuistax, le Musée Delvaux, des tas d’autres choses…
D.B. – Mais ça ce serait une autre histoire, c’est le cas de le dire. Rémi Bertrand, merci beaucoup.
R.B. – Merci à vous.
St. P. – Un bouquin qui n’est donc pas un livre, par Rémi Bertrand, aux éditions Points, depuis quelques jours déjà dans toutes les bonnes librairies.

Culture Club (La Première/RTBF)

Interview réalisée en direct par Corinne Boulangier, lundi 25 septembre 2006, entre 12h et 13h.

Interview EN ECOUTE ici !

SUR INTERNET

«[...] Des analyses d’une grande subtilité, qui font intervenir l’étymologie – latine le plus souvent – et l’usage, mettent en lumière ressemblances et différences. La sensibilité de l’auteur, attentive à la moindre nuance, s’exprime avec brio et autorité [...]»
Lire l’article complet en cliquant sur le lien

«[...] La réflexion sur les nuances des mots ne nous laisse ni contents, ni satisfaits, mais surpris, heureux de cette dégustation et sûrement plus circonspects dans notre façon d’accorder les mots aux choses [...]»
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« [...] Ces portraits m’ont le plus souvent épaté par leur érudition, leur finesse et surtout leurs formules bien frappées conclues par des chutes brillantes [...] »
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«[...] On en redemande ! [...]»
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«[...] Rémi Bertrand s’est amusé à débusquer une longue série de mots apparemment synonymes, mais dont les subtilités de sens montrent que la langue est un outil magnifique pour approfondir la connaissance de l’âme humaine. Un bouquin n’est pas un livre, et une femme n’est pas une épouse, ni une meuf. [...]»
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«[...] voilà une lecture qui fera passer un instant (ou un moment) de dégustation délicieuse (ou délectable ?). A y bien réfléchir (et à y bien penser), ce n’est pas seulement une question de goût (ou de saveur), d’envie (ou de besoin), mais aussi d’enseignement (ou d’instruction ?), de connaissance (ou de science ?). Un livre, donc, à offrir, à donner, à octroyer, à accorder… Soyons-en convaincus et persuadés. [...]»
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« Rémi Bertrand écrit deux nouveaux livres ! [...] »
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« Restons entre Belges avec Rémi Bertrand qui publie dans la collection de Philippe Delerm (Ed. Points) Un bouquin n’est pas un livre ; un essai sur les synonymes plein de justesse, de finesse et d’humour qui vous fera passer un excellent moment tout en vous instruisant.» Suit un EXTRAIT (le texte Livre, bouquin).
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Et aussi...

- «L’éclectisme de Rémi Bertrand», dans ELLE Belgique, par Marc Emile Baronheid (janvier 2007). Voir pages presse de Coxyde.
- «La langue dans "son" poche», dans Marianne, par Sarah Blum.
- «Philippe Delerm : l’amour des mots», dans Le magazine des livres, par Joseph Vebret (novembre-décembre 2006).
- «Un écrivain prometteur», par Stéphane Tassin, dans
La Dernière Heure (1er décembre 2006).
- Télé MB, invité du journal télévisé («18 au Carré»), par Ronald Isaac (15 novembre 2006).
- Le Rail, revue mensuelle de la SNCB, novembre 2006.
- Joseph Bodson, dans Reflets Wallonie-Bruxelles, novembre-décembre 2006.
- «Rémi n’est pas Bertrand», interview par Matilda Ancora, dans Mons Capital (novembre 2006).
- Libération, semaine du 25 septembre 2006.